Syndrome d’apnées obstructives du sommeil

S. Ballivet de Régloix, Y. Pons, F. Chabolle, P. Clément, O. Maurin, C. Conessa La Revue du Praticien, Médecine générale, 2010, vol.60, n°5, pp.669-682. Bibliographie

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAS) est fréquent dans la population générale : son incidence dans la population adulte est de 4 à 5% des hommes et 2% des femmes. Il est défini par la survenue durant le sommeil d’épisodes anormalement fréquents d’obstruction complète ou partielle des voies aériennes supérieures, responsables d’interruptions (apnées) ou de réductions significatives (hypopnées) de la ventilation et associés à des manifestations cliniques liées à la fragmentation du sommeil comme la somnolence diurne excessive.
La définition retenue est l’association d’un indice d’apnées / hypopnées (IAH) supérieur à 5 par heure à un sommeil non récupérateur et/ou une somnolence diurne excessive.

IAH = nombre d’apnées + nombre d’hypopnées x 60 / durée du sommeil (en minutes).

Le SAS est dit léger, si l’IAH > 5, modéré si > 15 et sévère si > 30
Les facteurs de risques sont le surpoids et l’obésité, le sexe masculin, l’âge entre 45 et 64 ans, l’origine ethnique, l’héritage génétique, (rôle des facteurs anatomiques cranio-faciaux), les antécédents familiaux, le morphotype, l’ingestion aiguë d’alcool, l’obstruction nasale, le reflux gastro-œsophagien.
Sont causes et conséquences des apnées : l’obésité androïde, les affections respiratoires, cardiologiques et neurologiques, la consommation éthylique, tabagique, médicamenteuse, les antécédents ORL et chirurgicaux.
La polygraphie ventilatoire nocturne confirme le diagnostic avec une présomption clinique forte et doit conduire à la réalisation d’une polysomnographie qui est la méthode de référence et qui permet la caractérisation des stades de sommeil. La polysomnographie non surveillée ne nécessite pas de personnel la nuit, mais fait courir le risque de devoir refaire l’examen en cas de problème technique.
Les conséquences du SAS sont nombreuses sur le plan médical : hypoxémies récidivantes, importante fragmentation du sommeil qui devient superficiel et non récupérateur entrainant une somnolence diurne excessive, hypertension artérielle principalement nocturne, insuffisance coronarienne, accident vasculaire cérébral, hypertrophie myocardique.
L’impact socio-économique est important : accidents du travail et de la vie domestique liés à la somnolence diurne accrue. Le risque accidentel a été retrouvé 6,3 fois plus élevé chez les sujets ayant un SAS que chez les témoins.
Parallèlement, les coûts médicaux sont plus importants chez le sujet apnéique que dans le groupe témoin.
Sur le plan thérapeutique, la première étape concerne la réduction pondérale associée à l’abandon du traitement par benzodiazépines et hypnotiques, l’absence de consommation d’alcool le soir. Un traitement postural sera mis en place si le syndrome est lié à la position.
L’arsenal thérapeutique comprend aussi des traitements non invasifs, des thérapeutiques prothétiques et des solutions chirurgicales, le traitement de référence restant la ventilation en pression positive continue.

(publié le 31 août 2010)