Tabagisme, sevrage tabagique et maladie de Crohn

M. Underner, J. Perriot, J. Cosnes, P. Beau, G. Peiffer, J-C. Meurice La Presse Médicale, 2016, vol.45, n°4, cahier 1, pp.390-402. Bibliographie
Le rôle du tabagisme dans le risque de développement d’une maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) est connu depuis plus de 30 ans.
Afin de mettre en évidence la relation entre tabagisme et sevrage tabagique sur le risque de développement, les caractéristiques cliniques et l’évolution de la maladie de Crohn (MC), une revue de la littérature a été initiée à partir de Medline sur la période 1980-2015, en langue anglaise ou française, et ce sont 69 articles qui ont finalement été retenus.
Il en ressort que "la pathogénie de la MC est une maladie multifactorielle, faisant intervenir des facteurs génétiques et environnementaux. Les mécanismes possibles par lesquels le tabac a un impact négatif sur le développement et l’évolution de la MC restent cependant mal connus".
La MC est associée à un déséquilibre du microbiote intestinal avec diminution de la diversité microbienne. De plus, l’augmentation du taux de monoxyde de carbone chez les fumeurs induit une ischémie qui favorise et/ou aggrave la modification de la micro vascularisation de la paroi intestinale, jouant un rôle précoce et essentiel dans la pathogénie de la MC.
Le tabagisme induit un déficit des fonctions du système immunitaire (altérations des cellules T avec augmentation des cellules CD8 et diminution du rapport CDA/CD8), anomalies réversibles à l’arrêt du tabac.
Il est bien admis que le tabagisme est un facteur de risque de développement de MC, et les effets délétères sont plus importants chez les femmes que chez les hommes.
L’arrêt du tabac réduit le taux de récidive et le risque de recours à la chirurgie.
Il apparaît donc essentiel que "les fumeurs atteints de MC soient systématiquement sensibilisés aux effets néfastes du tabagisme, aux bénéfices de l’abstinence et aidés à s’arrêter de fumer".
(publié le 3 octobre 2016)