Asthme et tabac

L-P. Boulet Encyclopédie médico-chirurgicale - Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2019, vol.14, n°3, 16-525-G-45, 9 pp. Références

La prévalence du tabagisme actif chez la personne asthmatique est habituellement aussi élevée que dans la population générale (soit environ 25%).
Le tabagisme maternel pendant la grossesse ou pendant les premières années de vie de son enfant ainsi que le tabagisme de la grand mère maternelle peut favoriser le développement de l’asthme chez l’enfant à naître et affecter sa réponse aux corticoïdes inhalés.

Le tabagisme actif est associé avec une augmentation de la sévérité de l’asthme et de ses répercussions (augmentation de la mortalité et de la morbidité).
Il est un facteur de risque de mauvais contrôle de la maladie et il est associé à de plus nombreuses comorbidités (pneumonies, maladies cardiovasculaires, cancer du poumon) et à une consommation de soins plus fréquente que chez le non fumeur.
La fonction pulmonaire est impactée (diminution du VEMS et du rapport VEMS/CVF), les phénomènes inflammatoires sont présents au niveau du système respiratoire, la structure bronchique est remodelée et la lumière bronchique des voies aériennes segmentaires est réduite chez les asthmatiques fumeurs en comparaison avec les non fumeurs.
Les asthmatiques fumeurs sont plus sensibles aux allergènes communs et développent une augmentation du stress oxydatif et ont une augmentation de la réactivité bronchique.

Le tabagisme est associé à un moins bon pronostic de l’asthme et cause un déclin accéléré de la fonction pulmonaire.
Les asthmatiques tabagiques présentent une réponse altérée à court et à long terme aux corticostéroïdes tant inhalés qu’oraux. Ils sont particulièrement insensibles aux faibles doses de corticostéroïdes.
Certains asthmatiques basculent dans un syndrome de chevauchement asthme-BPCO, entité sévère et au pronostic moins favorable que les deux entités séparées.

La cessation de l’exposition tabagique est associée à une amélioration de l’asthme et doit être impérativement encouragée.

(publié le 17 mars 2020)