AVC, bien les repérer et agir vite

C. Barruyer et interview de F. Dutheil Prévention BTP, 2020, n°238, pp.38-40

Chaque année en France, 140 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), première cause de handicap physique acquis des adultes.
Un AVC sur quatre survient avant 65 ans.
Les services de santé au travail doivent sensibiliser les salariés aux facteurs de risque d’AVC (hypertension artérielle, alimentation trop grasse, trop sucrée, trop salée ou déséquilibrée, surpoids, tabagisme, consommation d’alcool, sédentarité) et les orienter vers la médecine de soins en cas d’hypertension artérielle ou de suspicion de désordres métaboliques ou de facteurs de risque cardiovasculaire.
Le médecin du travail doit aussi adapter le poste de travail afin de le rendre moins pénible (éviter les efforts physiques trop intenses ou les conditions climatiques extrêmes).

L’accident ischémique transitoire ( AIT) est une alerte qu’il ne faut pas négliger, sous peine de risquer un AVC. Il nécessite une consultation immédiate.

L’AVC doit être diagnostiqué rapidement ; les signes qui apparaissent brutalement sont résumés par l’acronyme VITE (Visage paralysé, Incapacité dans un membre, Trouble du langage ou de l’équilibre, Extrême urgence à intervenir, idéalement dans les quatre heures suivant les premier signes ; mais seulement 32% des victimes d’AVC arrivent à l’hôpital dans ce délai. Tout retard supplémentaire de 30 minutes augmente de 20% en moyenne le risque de séquelles.

Si la réduction a beaucoup progressé pour la récupération du handicap après AVC, la fatigue reste importante et le médecin du travail doit en tenir compte pour le maintien dans l’emploi. La visite de pré-reprise permet d’aménager le poste en fonction des capacités résiduelles du salarié et le médecin du travail doit être associé au parcours de réhabilitation afin d’améliorer la reprise.

(publié le 2 avril 2020)