Complications des tatouages

N. Kluger La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2018, vol.32, n°1001, pp. 381-383
La fréquence des complications des tatouages est mal connue car les patients négligent les symptômes tant qu’ils restent mineurs.
Elles sont de tous types : aiguës, subaiguës ou retardées.
Elles se manifestent par des infections cutanées (liées à un manque d’asepsie et d’hygiène pendant la séance ou la cicatrisation) ou systémiques (hépatite C, VIH, endocardite bactérienne chez des sujets porteurs d’une cardiopathie, septicémie), des manifestations d’hypersensibilité, des allergies, des tumeurs (bénignes ou à malignité intermédiaire telles que kératoses séborrhéiques ou histiocyfibromes).
Le principal motif de consultation est constitué par l’hypersensibilité aux colorants. Les couleurs rouge, rose et violet sont les plus souvent en cause. La réaction peut être lichénoïde, eczématiforme, granulomateuse, sarcoïdosique et pseudolymphomateuse. En cas d’échec des corticoïdes, le traitement est l’exérèse chirurgicale ou la destruction par laser. Un nouveau tatouage de la même couleur est contre-indiqué à vie.
Les tumeurs sur tatouage n’existent que pour le kérato-acanthome ; mais un tatouage peut retarder le diagnostic d’un mélanome.
Les tatouages peuvent aussi poser des problèmes d’imagerie : artéfacts, distorsions d’images, brûlures pendant une IRM liées aux sels métalliques présents.
Enfin, l’épilation laser sur un tatouage est impossible en raison du risque de brûlures.
(publié le 26 juillet 2018)