Confinement : détecter et diagnostiquer un trouble psychique

N. Bonfils Le Généraliste, 2020, n°2929, pp.19-22. Bibliographie
Un dispositif d’enquête a été mis en place par Santé Publique France dès mars 2020, auprès de 2000 internautes français, âgés de 18 ans et plus, permettant d’évaluer la prévalence des troubles psychiques au cours du confinement lié à l’épidémie de Covid-19 et dans les mois qui ont suivi.
"La prévalence de l’anxiété était de 26,7% en mars 2020, soit deux fois supérieure au taux observé avant la pandémie et s’est maintenue à un niveau important en septembre 2020". .. La prévalence de la dépression était de 19,9% en mars 2020, puis a diminué jusqu’à atteindre 10% de la population en septembre 2020". Les problèmes de sommeil se sont majorés dès le premier confinement et sont restés élevés et stables. Le risque suicidaire quant à lui a été multiplié par 3 en 2020 par rapport à 2017.
La consommation de médicaments psychotropes a augmenté en population générale, de même que la consommation de tabac et la fréquence de consommation de l’alcool. La hausse d’usage du cannabis semble avoir été contenue en population générale.
L’important est de diagnostiquer ces troubles anxieux et dépressifs notamment chez les personnes vulnérables, notamment les jeunes, les femmes, les personnes en précarité sociale, celles ayant été en contact avec la Covid-19 et celles ayant un antécédent de trouble psychiatrique.
Les médecins informeront de l’impact psychique de la pandémie actuelle et encourageront à limiter l’exposition aux informations anxiogènes liées à la Covid-19.
Le risque suicidaire sera évalué et si nécessaire, la prise en charge sera immédiate par le bais d’un psychiatre ou d’un service d’urgences.
Les patients ayant été malades de la Covid-19 seront particulièrement suivis dans les mois qui suivent, car la réponse immuno-inflammatoire présente pendant l’affection pourrait avoir des conséquences psychiatriques ultérieures.
(publié le 23 février 2021)