Coronavirus Stress et confinement :
crainte de contrecoups sur la santé mentale

Le Généraliste, 2020, n°2907

"Que l’on soit ou non épargné par le virus, nul n’échappe au stress engendré par l’épidémie et le confinement. Si personne ne peut prédire l’ampleur des dégâts psychologiques collatéraux à en attendre, faute de recul sur une situation aussi imprévisible qu’inédite, de premières études et l’expérience des professionnels alertent sur les risques et la nécessité de les prévenir."

Les résultats d’un questionnaire adressé à la population générale (52 730 réponses), confinée dans 36 provinces chinoises a révélé attaques de paniques, anxiété, dépression, avec un impact plus fort dans les régions les plus touchées par le virus ; et un plus haut score de détresse psychologique dans les groupes identifiés comme les plus vulnérables : femmes, jeunes de 18-30 ans, personnes âgées et travailleurs migrants.
La situation nous affecte tous et à la peur du virus, s’ajoutent les entraves crées par le confinement (notamment ceux souffrant de claustrophobie) et pour certains la recrudescence des violences intra-familiales ; mais aussi la peur des retombées économiques de cette très grave crise sanitaire.
Les spécialistes misent sur l’accompagnement des réactions émotionnelles précoces, pour empêcher la survenue de troubles psychologiques tardifs.
Le maintien d’une hygiène de vie qui respecte les rythmes de sommeil et d’alimentation réguliers est valable pour tout le monde, mais il est essentiel pour les personnes qui vivent isolées et/ou présentent des fragilités physiques ou psychiques.
Il faudra aussi se préoccuper du devenir des patients Covid hospitalisés dans le plus grand isolement, mais aussi de tous ceux souffrant de pathologies psychiatriques préexistantes pour qui "l’enfermement" constitue un grave risque de décompensation.

(publié le 16 avril 2020)