Covid-19 et transmission par aérosols : état des lieux

P. Le Cann, F. Wallet Environnement et Risques Santé, ERS, 2021, vol.20, n°3, pp. 290-294. Références

Le coronavirus SARS-CoV-2, se transmet principalement de personne à personne par contact direct de proximité ou à distance par voie aérienne et par les mains contaminées portées au visage.
Les particules infectieuses < 5 µm (désignées aérosols) peuvent pénétrer dans les voies respiratoires profondes jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Les particules < 10 µm peuvent pénétrer au-delà de la glotte, tandis que les particules de diamètre > 20 µm tombent au sol sous l’influence de la gravité. Le risque est majeur face aux personnes asymptomatiques (dont on ne ne se méfie pas) qui émettent préférentiellement des micro-gouttelettes par la respiration et la parole ; le taux d’émission des particules étant corrélé à l’intensité sonore, allant d’environ 1 à 50 particules par seconde, quelle soit la langue parlée.
Un autre risque est celui de la remise en suspension d’aérosols provenant de surfaces contaminées par des gouttelettes (enlèvement des protections individuelles, nettoyage des sols, déplacement de personnes). C’est pour cela que le port du masque combiné aux mesures barrières est important à respecter pour limiter la propagation du virus.

De nombreux travaux ont montré que les particules de diamètre 1-3 µm restaient en suspension presque indéfiniment dans l’air, que celles de 10 µm mettaient 17 minutes pour tomber au sol, celles de 20 µm, 4 minutes et celles de 100 µm, 10 secondes.
Il faut aussi compter avec la vitesse du vent dans un environnement ouvert qui influence de manière significative la distance parcourue par les gouttelettes contaminées. Par contre les données entre conditions climatiques et transmission du virus sont contradictoires. Il semble néanmoins que les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission du virus, ce qui conforte l’hypothèse d’une influence saisonnière du climat sur l’épidémiologie de la Covid-19 dans les pays tempérés. Ajoutons le rôle des UV dans la diminution de la charge infectieuse présente dans l’air.

"Mais la dichotomie aérosol/gouttelettes n’est pourtant que théorique et ne reflète pas la complexité de la réalité".
La première phase de la maladie est nasale et le virus se multiplie massivement dans l’épithélium nasal et à un moindre degré dans l’épithélium des amygdales et des bronches. La réponse immunitaire innée varie selon la charge infectieuse. Un faible ratio de particules infectantes/cellules cibles stimule la réponse immunitaire alors qu’un ratio plus élevé déclenche une inhibition de cette réponse pendant 24 à 48 h sans pour autant la bloquer complètement. Ce qui pourrait expliquer la sévérité d’un épisode de Covid-19 et le temps de latence avant un emballement de la maladie
Il faut être attentif à la qualité de l’air des environnements intérieurs.
Prudence face aux systèmes de ventilation /climatisation. La circulation d’air doit être limitée car l’efficacité des filtres de ventilation générale pour retenir les virus est discutée. Il est recommandé d’ouvrir régulièrement les fenêtres.

(publié le 26 juillet 2021)