Dix premières années de surveillance de l’hépatite A par la déclaration obligatoire, France, 2006-2015

E. Couturier, L. Mouna, M-J. Lefort, D. Van Cauteren, A-M Roque-Alfonso et al. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, 2018, n°5/6, pp. 68-77
Cet article présente les résultats de l’analyse des cas notifiés d’hépatite A au cours des dix premières années de surveillance par la déclaration obligatoire (DO) entre 2006 et 2015.
Les taux annuels d’incidence des cas notifiés en France ont progressivement diminué à partir de 2009 pour atteindre en 2015 celui d’un pays de basse endémicité (1,1/100 000). Le nombre de cas notifiés recensés est nécessairement sous estimé car l’infection peut être asymptomatique ou pauci-symptomatique.
Les incidences des cas notifiés les plus élevées ont été retrouvées chez les moins de 15 ans (transmission oro-fécale du virus) ou dans des populations vivant sur des sites d’accueil dans des conditions sanitaires précaires ; ce qui a conduit en 2009 à des recommandations de vaccination dans l’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A et dans les communautés de vie en situation d’hygiène précaire.
Chez les 25-44 ans, le taux d’incidence des cas est presque deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes (touchant en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Cette attitude expliquerait l’épidémie de grande ampleur qui a touché en 2017 la France et plusieurs pays européens. La vaccination des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes est recommandée.
L’augmentation des cas d’hépatite A est saisonnière (août-octobre), en lien avec des séjours hors métropole dans les deux à six semaines précédant le diagnostic, d’où la recommandation vaccinale chez les adultes non immunisés et les enfants de plus d’un an voyageant en zone d’endémie.
(publié le 16 mai 2018)