Inégalités de santé selon le sexe pour les maladies cardiovasculaires

A-L. Madika, C.Mounier-Vehier La Revue du Praticien, 2019, vol.69, n°4, pp. 373-376. Références

Les maladies cardiovasculaires sont responsables de 49% des décès chez les femmes en Europe.
L’évolution du mode de vie des femmes entraîne une augmentation constante de leur exposition aux facteurs de risque cardiovasculaires encore trop insuffisamment dépistés et contrôlés.
A âge égal, les femmes ont plus de facteurs de risque cardiovasculaires que les hommes et certains facteurs de risque sont associés à un risque cardiovasculaire plus élevé et un pronostic plus péjoratif chez la femme que chez l’homme, notamment le risque d’infarctus lié à l’hypertension artérielle, au diabète ou aux facteurs psychosociaux.
S’y ajoutent la sédentarité, le risque lié aux facteurs hormonaux (contraception, grossesse, ménopause).
Chez la femme, les maladies cardiovasculaires restent sous-diagnostiquées et sous-traitées et les femmes bénéficient plus tardivement que les hommes d’une exploration coronaire, de moins de prescription d’aspirine, de bêtabloquants, d’héparine et de statines que les hommes et moins souvent de rééducation cardiaque après un évènement coronaire.
A âge égal, la mortalité intrahospitalière du syndrome coronaire est plus élevée chez la femme que chez l’homme.

Les maladies cardiovasculaires chez la femme constituent un véritable problème de santé publique. Il est important de développer des actions d’information, de prévention et de recherche en France et d’améliorer les prises en charge des femmes à risques. La Fédération française de cardiologie mène auprès des femmes et des professionnels de santé des campagnes d’information et des parcours coordonnés de soins ont été mis en place au sein de certains CHU.

(publié le 26 juillet 2019)