La pratique du sport a-t-elle un impact sur l’état immunitaire ?

S. Bermon La Revue du Praticien, 2020, vol.70, n°4, pp. 427-431. Références

"Le système immunitaire reconnait, attaque et détruit tout élément étranger à l’organisme" et cela grâce à l’immunité innée et à l’immunité acquise qui fonctionnent de manière cordonnée.
La réponse immunitaire s’appuie sur les leucocytes.
Les cellules B secrètent les immunoglobulines (anticorps) dont les Ig A plutôt localisées dans les muqueuses et qui se lient à des antigènes spécifiques facilitant la phagocytose.
Les cytokines sont des médiateurs de l’inflammation.
L’inflammation agit de concert avec la réponse immunitaire pour éliminer les agents infectieux.

"Les exercices les plus intenses et les plus prolongés (marathon, par exemple) sont ceux qui provoquent les perturbations cellulaires les plus marquées, alors que des exercices d’intensité modérée et de durée inférieure à 60 minutes modifient peu les paramètres immunitaires par rapport à leur valeur de repos". L’immunité acquise est, elle aussi, altérée par un exercice intense.
"Ces constatations biologiques étayent pour partie les observations épidémiologiques faisant état de risques accrus d’infections (notamment des voies aériennes supérieures) dans les heures ou jours qui font suite à un effort intense et prolongé".
En conséquence, il y a lieu d’inciter les sportifs à limiter l’exposition aux agents pathogènes pendant et au décours de la pratique sportive (isolement des malades, non-partage des bouteilles pendant et après les entraînements...).

"Un entraînement physique d’intensité modérée (3 à 5 séances hebdomadaires de 30 à 60 minutes à une intensité de 40 à 60 % de VO2max) mené pendant plusieurs mois permet une réduction de moitié du nombre de jours avec une infection", sans qu’à aucun moment durant la période de déclaration des éventuelles infections, il ne soit noté de modifications significatives du statut immunitaire de repos. "Il semble donc que cet effet protecteur de l’activité physique régulière et modérée soit surtout un effet de sommation des changements positifs de l’immunité observés après chaque session d’exercice physique".

En ce qui concerne les régimes d’entraînement plus intensifs, les résultats expérimentaux sont mitigés avec néanmoins la survenue fréquente d’infections ORL. Chez ces sujets surentrainés, le suivi des concentrations salivaires d’IgA pourrait constituer un bon marqueur de la tolérance de l’entraînement, cette réduction des IgA salivaires précédant souvent la survenue d’infections de la sphère ORL.

(publié le 28 mai 2020)