Ostéopathies médicamenteuses

K. Briot La Revue du Praticien, 2020, vol.70, n°9, pp. 1035-1036. Références

Une ostéopathie fragilisante (densité minérale basse et/ou fracture) impose la recherche de facteurs de risque et notamment une prise médicamenteuse.

La corticothérapie au long cours est la cause la plus fréquente. La perte osseuse est précoce et corrélée à la dose et à la durée du traitement. Des fractures surviennent chez 30 à 50% des sujets traités au long cours. Les patients de plus de 50 ans recevant une corticothérapie supérieure ou égale à 7,5 mg/jour pour une durée de plus de 3 mois seront traités conjointement par les biphosphonates ou le tériparatide.

Les traitements antihormonaux :

  • les inhibiteurs de l’aromatase utilisés dans le traitement adjuvant des cancers du sein hormonodépendants induisent une perte osseuse à 5 ans de l’ordre du 6%. Les femmes ménopausées recevant ce traitement se verront proposer des biphosphonates si elles ont une fracture sévère et/ou en cas d’ostéoporose densitométrique ;
  • les agonistes de l’hormone activatrice de l’hormone de croissance prescrits dans le cancer de la prostate ou l’endométriose induisent une perte osseuse précoce, corrélée à la durée du traitement (4% lors des deux premières années de traitement, puis 2%) justifiant une ostéodensitométrie à l’instauration du traitement.

Les traitements affectant le système nerveux
Les antiépileptiques, les antidépresseurs, les neuroleptiques induisent une augmentation du risque de fracture selon différents mécanismes.

Les inhibiteurs de la pompe à protons favorisent une augmentation du risque de fracture après 5 ans de traitement.

(publié le 9 février 2021)