Prescription de l’activité physique
Recommander l’activité physique en prévention primaire de maladies chroniques

X. Bigard La Revue du Praticien, 2020, vol.70, n°3, pp. 267-271. Références

Cet article est inclus dans un dossier intitulé "Prescription de l’activité physique" élaboré selon les conseils scientifiques de Y. Le Bouc. Il comprend trois parties :

  • Recommander l’activité physique en prévention primaire de maladies chroniques (X. Bigard)
  • Le bénéfice de l’activité physique en prévention tertiaire (M. Duclos)
  • Et les recommandations de prescription de l’activité physique (D. Rivière)

"Le manque d’activité physique (inactivité) est reconnu pour être le deuxième facteur de risque commun de maladies chroniques évitables, après le tabac."
On estime que 37 à 39% des adultes de 18 à 74 ans ne sont pas suffisamment actifs. Les hommes sont généralement plus actifs que les femmes (73-70% versus 54-53%).
On estime entre 5 et 12% l’augmentation du risque de décès prématuré pour chaque heure passée en position assise, au-delà de 7 heures par jour (augmentation de 22% du risque de diabète de type 2 et de 39% de celui de syndrome métabolique).
L’activité physique régulière réduit le risque de survenue de certains cancers (côlon et sein en particulier).
Le risque de mortalité prématurée augmente nettement au-delà de 3 heures par jour passées devant la télévision.
Toutes les méta-analyses les plus récentes concluent à une relation inverse entre la pratique d’activités physiques modérées à intenses et la mortalité générale (toutes causes confondues). Le bénéfice santé le plus important est observé pour les très faibles niveaux d’activité physique ; et passer de l’état d’inactivité totale (0) à l’atteinte des recommandations en activité physique a plus d’effets relatifs que de passer de 4 à 5-6 fois les recommandations.

Quelles sont ces recommandations ?

  • Activité physique :
    • 30 minutes/jour d’activités d’endurance (développant l’aptitude cardiorespiratoire) d’intensité modérée (marche à 5-6,5km/h, montée d’escaliers à vitesse lente..) à élevée (marche rapide supérieure à 6,5 km/h, montée d’escaliers à vitesse rapide), au moins 5 jours par semaine en évitant de rester 2 jours consécutifs sans activité ;
    • plus ; des activités de renforcement musculaire 1 à 2 fois par semaine avec 2 jours de récupération entre deux séances ;
  • Réduction de la sédentarité en limitant le temps passé en positon assise et en interrompant les périodes prolongées de station assise pendant 3 à 5 minutes (montée d’escaliers) au moins toutes les 90 minutes.

Cette activité sera adaptée à la condition physique de l’individu et augmentée de façon progressive après une phase d’échauffement de 5 à 10 minutes et en terminant par une séance d’étirements de 7 à 10 minutes.

(publié le 27 mai 2020)