Promotion de la santé par l’activité physique sur les lieux de travail : expérimentation participative dans une entreprise privée

J-H. Planchard, L. Bailly, K. Tifratène, V. Morales, B. Massiera, J-M. Garbarino, C. Pradier Santé Publique, 2018, vol.30, n°2, pp.169-176. Références
Une recherche-action a été menée dans une entreprise industrielle de 240 salariés (88% d’hommes et 12% de femmes), avec une forte proportion d’ouvriers ( 61%), d’âge moyen 44 ans. Il s’agissait d’un projet de promotion de l’activité physique sur les lieux de travail, s’appuyant sur un partenariat intersectoriel.
Questionnaires aux salariés et réunions de travail ont permis de sélectionner deux activités en entreprise : taï-chi et renforcement musculaire.
Sur les 140 salariés travaillant le jour, 22 soit 15,7% ont pris part aux activités physiques avec une nette proportion de femmes et une plus forte représentation des employés et des cadres que des ouvriers. Quatre séances ont eu lieu chaque semaine durant les 3 mois de l’expérimentation.
15 personnes ont été évaluées avant et après l’intervention. Les résultats montrent une tendance à l’amélioration des paramètres anthropométriques : poids, tour de taille, pouls au repos et indice de masse corporelle.
Même si l’étude n’a pas formellement évalué certains effets qualitatifs, il est indéniable que cette initiative a instauré une dynamique positive dans l’entreprise et une fluidification des relations direction/salariés.
On peut regretter le faible taux de participation, mais des freins ont été retrouvés : insuffisance de communication, retard à la mise en place, impossibilité pour les ouvriers en travail posté de participer à la démarche (alors qu’ils sont probablement les plus à risque de TMS), difficulté d’anticipation et de prévision des moyens à mettre à disposition.
Il est probable qu’un investissement plus important des membres du partenariat intersectoriel aurait augmenté l’efficience des actions mises en place.
Ce type d’approche pourrait faire l’objet d’expérimentation à large échelle sous condition d’une rationalisation de la structuration de l’offre de service et le renforcement de moyens, notamment financiers.
(publié le 9 juillet 2018)