Protection solaire : le point

J-C. Beani La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2018, vol.32, n°1003, pp. 470-471. Références

L’exposition solaire est délétère pour la peau en raison des rayons ultraviolets A et B. Il convient d’éviter les heures où l’intensité des UV est maximale, soit entre 12h et 16h à la montre en France métropolitaine.
Il serait tentant de vouloir préparer sa peau au soleil, soit par une exposition aux UV artificiels mais cette pratique est cancérigène, soit par l’ingestion de molécules antioxydantes (vitamines E,C, bêtarcarotène). Non seulement ces substances n’ont pas d’effet préventif sur la survenue des cancers mais prises au long cours, elles augmenteraient le risque de cancers cutanés, notamment de mélanome.
Il reste les produits de protection solaire (PPS) composés de filtres solaires minéraux ou chimiques. L’addition d’antioxydants, voire d’anti-inflammatoires n’a pas montré d’intérêt.
Le facteur de protection solaire (SPF en anglais) serait un abus de langage, car il ne qualifie que la protection contre les UVB (responsables de l’érythème). Un coefficient de protection CP UVA doit être déterminé pour un rapport SPF/CP UVA, idéalement inférieur ou égal à 3.

Néanmoins, si ces PPS sont utilisés correctement (choix de la bonne classe en fonction du phototype et des conditions d’ensoleillement, application rigoureuse d’une quantité suffisante de produit sur toutes les zones exposées et renouvellement régulier), l’efficacité est quasiment de 100% dans la prévention primaire des cancers cutanées, mélanome compris.
Le risque potentiel de perturbation endocrinienne semble plus qu’improbable.
Il faut plutôt se méfier des filtres minéraux, en raison des nanoparticules qui peuvent être absorbées par voie transcutanée, orale ou respiratoire pour les formes en spray. Il n’est pas prudent de les utiliser sur peau lésée, sur le visage au dans les locaux fermés s’il sont sous forme d’aérosol.
Enfin un usage raisonné n’a pas pas de conséquence négative sur la synthèse de la vitamine D, car la quantité d’UV nécessaire à une synthèse suffisante de vitamine D est très faible.
Au total,"les bénéfices des crèmes solaires l’emportent sur les risques potentiels".

(publié le 10 août 2018)