S’endormir au volant et distractions pendant la conduite. Une étude sur les conducteurs professionnels à haut risque
Falling asleep at the wheel and distracted driving. The High-Risk Professional Drivers study

G.L.Rosso, S. Candura, M. Perotto, M. Caramella, C. Montomoli La Medicina del Lavoro, 2018, vol 109, n°3, pp. 190-200. Bibliographie.

La somnolence au volant et la conduite effectuée de façon concomitante avec d’autres activités sont des facteurs de risque bien connus d’accidents de la route.
Cet article italien évalue la prévalence de ces facteurs chez les conducteurs professionnels (PD) italiens et leur impact sur les fautes de conduite signalées.
Une étude transversale a été réalisée à l’aide de questionnaires anonymes. Les PD (n = 497) ont été divisés en deux groupes : les PD à haut risque (Hi-Ris-PD) c’est-à-dire ceux ayant auto-déclaré plus d’un incident au cours des trois dernières années et/ou plus d’une erreur dans l’année écoulée et les non Hi-Ris PD (sujets ne répondant pas aux critères d’inclusion sus-mentionnés). Des analyses de régression logistique ont été effectuées pour évaluer le lien entre la somnolence auto-déclarée et/ou les comportements de conduite à risque avec le fait d’être un conducteur à haut risque.

Cent soixante et un sujets (32,4%) ont été définis comme Hi-Ris-PD. Quarante et un pour cent des personnes interrogées ont eu au moins un épisode de sommeil soudain au volant par mois. 28,2 % ont déclaré utiliser régulièrement un téléphone portable à main. Les facteurs prédictifs d’être Hi-Ris-PD étaient les suivants : au moins un épisode d’auto-déclaration par mois d’endormissement au volant (OR = 5 ; IC 95 % de 3,21 à 7,80 ; p< 0,001) ; conduire en étant occupé à faire autre chose en même temps (principalement l’utilisation d’un téléphone portable) (OR : 6,11 ; IC 95 % de 2,90 à 12,84 ; p< 0,001), le jeune âge (OR = 0,96 ; IC 95 % de 0,94 à 0,98 ; p < 0,001).

Le fait de concentrer les efforts de prévention sur la reconnaissance de la somnolence au volant et d’éviter d’avoir des activités concomitantes pendant la conduite, peut réduire les risques d’erreur de conduite routière d’environ 5 à 6 fois.

(publié le 30 septembre 2019)