Transmission d’une infection des soignants aux patients : quels risques ?

E. Bouvet La Revue du Praticien, 2018, vol.68, n°2, pp. 185-188. Références

Le risque de transmission d’un agent infectieux d’un soignant à un ou plusieurs patients existe et le soignant se comporte comme tout transmetteur mais sa proximité avec le patient facilite la contamination.

La transmission peut se faire par accident d’exposition au sang.
C’est le cas du VHB, du VHC, du virus Ebola, des autres virus des fièvres hémorragiques, à la faveur d’actes invasifs, chirurgicaux, obstétricaux ou de dentisterie ; mais en ce qui concerne l’hépatite B, les soignants concernés avaient toujours une charge virale supérieure à 2000 UI/ml.
Relativement au VIH, des patients ayant bénéficié d’actes invasifs réalisés par des patients séropositifs sont restées négatifs même si le soignant avait une virémie élevée.

La transmission se fait aussi par voie respiratoire.
C’est le cas de la grippe, de la coqueluche, de la tuberculose.

La troisième voie de transmission est le contact cutanéo-muqueux. C’est le cas des streptococcies (principalement en service d’obstétrique) et de la gale.

Bien que tous ces cas diminuent régulièrement, de nombreux exemples témoignent d’un défaut de prévention ou d’hygiène lors des soins.
Il reste des pistes de prévention à renforcer, notamment la vaccination des soignants et/ou des patients lorsqu’un vaccin existe (grippe, coqueluche, hépatite B) et dans tous les cas, des mesures d’hygiène telles que les précautions standard, les précautions complémentaires respiratoires et le traitement rapide des infections chez les professionnels.
Le rôle des services de santé au travail est important face à cette problématique.

(publié le 20 avril 2018)