Le défi de la prévention vaccinale : surmonter les résistances personnelles plutôt que microbiologiques

B. Espesson-Vergeat, P. Morgon Droit, Santé et Société/ séries E, 2019, vol.6, n°3, pp. 47-64 in Journal de Médecine Légale, Droit médical, Victimologie, Dommage corporel, 2019, vol.62, n°6

La disparition de certaines maladies graves grâce à la vaccination a permis l’émergence de courants d’opposition à la vaccination qui trouvent auprès d’une population saine un écho fondé sur la perception que la vaccination est dangereuse sans prendre conscience des risques de maladies transmissibles dans un monde où personnes et biens circulent largement et rapidement.

Le courant de résistance, bien que minoritaire est rendu fortement actif par les réseaux sociaux et est susceptible de produire des catastrophes en dépit des messages des pouvoirs publics qui proposent des messages incitatifs. "Il en va de la responsabilité de chacun et de tous, de prendre conscience au nom du principe de précaution, des risques engendrés par un défaut de vaccination pour la population toute entière".
Faut il en arriver à un encadrement réglementaire pour inverser le mouvement existant ?
Les études démontrent l’efficacité de la politique de vaccination lorsqu’elle est obligatoire. La contrainte doit être complétée par un travail sur la confiance.
Les projets de multiplient s’orientant vers une politique incitative fondée sur la formation et l’information, mais aussi sur des composantes morales éthiques et émotionnelles telles que l’altruisme.
La prévention passe essentiellement par les professionnels de santé qui doivent être bien informés afin de bien délivrer leurs connaissances.
Cela suppose une information transparente entre le pharmacien, l’infirmier et le médecin avant et après tout acte vaccinal.
La méfiance envers la vaccination est amplifiée par les réseaux sociaux qui peuvent véhiculer des " fake news" relatives à la sécurité des vaccins.
L’information n’est pas filtrée et les réseaux Internet constituent désormais la principale menace de santé publique. Les sources institutionnelles sont hélas peu consultées, probablement en raison de leur complexité ou de leur opacité. "La formation à savoir s’informer et distinguer le vrai du faux n’existe pas de manière pédagogique pour le patient".
C’est certainement dans un cercle de proximité (médecin ou pharmacien) que les actions de prévention doivent se déployer pour assurer une meilleure communication avec le patient. Ce lien fort fort qui aura été créé sera renforcé grâce aux outils numériques de surveillance de la vaccination, notamment le DMP, le carnet de vaccination ou le carnet de santé numérique dès la naissance.

(publié le 29 septembre 2020)