Vaccin contre la rougeole : une protection à vie ?

A. Debs, M. Lachâtre, O. Launay La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2020, vol.34, n°1034, pp. 76-77

La rougeole reste un problème de santé publique.
Elle est liée à un virus très contagieux, par voie aérienne. Le sujet malade peut transmettre l’infection 5 jours avant l’éruption et au moins 5 jours après.
La rougeole a été longtemps un fléau pandémique responsable d’une importante mortalité infantile.
En France, entre décembre 2018 et novembre 2019, 2674 cas sont survenus occasionnant deux décès ; la couverture vaccinale n’était "que" de 79% chez les enfants de 2 ans en 2017.
Pour éradiquer la rougeole, une couverture vaccinale de 95% pour deux doses est nécessaire.
Depuis le 1er janvier 2018, cette vaccination est obligatoire (vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole) à 12 mois, puis entre 16 et 18 mois.
Si la maladie contractée est plus immunisante que le vaccin lui-même, le risque pour un individu correctement vacciné de développer la maladie serait inférieur à 0,15%. En France, 89% des cas déclarés sont survenus chez des sujets non ou incomplètement vaccinés.
La persistance actuelle d’épidémies pourrait entrainer des rebonds d’immunisation des adultes vaccinés en les exposant au virus. Par contre, en cas de raréfaction des épidémies, les sujets vaccinés n’entretenant pas de ce fait leur immunité pourraient contracter la rougeole. Il est possible que dans l’avenir des rappels deviennent nécessaires.

Pour les cas contacts non vaccinés ou n’ayant pas reçu le nombre requis de doses, la vaccination est recommandée dans les 72 heures. Ainsi, les professionnels de santé ou le personnel en charge de la petite enfance sans antécédent de rougeole recevront, quel que soit leur âge, une dose de vaccin trivalent.
Les immunoglobulines s’adressent aux femmes enceintes, aux immunodéprimés et aux nourrissons sous certaines conditions.

(publié le 16 octobre 2020)