Burn-out en Belgique :
que faut-il retenir des résultats de l’enquête ?

Prevent Focus, 2015, avril, pp. 20-23

Securex a publié les résultats d’une enquête sur le burn-out réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1 318 travailleurs et de 544 directeurs et managers RH représentatifs de la répartition entre le secteur public et privé en Belgique.
Le burn-out est un syndrome professionnel caractérisé par trois symptômes : un épuisement émotionnel (perte de toute énergie), un cynisme (insensibilité au monde environnant et vision négative des autres et du travail), une baisse des performances (incapacité à effectuer les tâches correctement).
64% des travailleurs ressentent du stress négatif au travail et 27% se plaignent de problèmes de santé liés au travail (émotions négatives, troubles psychiques, troubles physiques et psychiques).
9,2% des travailleurs souffrent effectivement d’un burn-out au moment de l’enquête.
Les femmes sont plus sensibles que les hommes au burn-out et notamment les femmes diplômées de l’enseignement supérieur. Les plus stressés sont les travailleurs les moins qualifiés et ceux qui n’exercent aucune fonction dirigeante par rapport aux supérieurs eux-mêmes, (l’autonomie réduisant la charge mentale ressentie au travail).
L’ancienneté au sein d’une même organisation est source de stress et l’ancienneté à un même poste est un facteur aggravant et ce, quelque soit l’âge.
Sont facteurs de stress : la charge émotionnelle cognitive et physique élevée au travail, le manque d’information et d’accompagnement en cas de changement et l’insécurité de l’emploi. Sont plus contraignants depuis plusieurs années, la pression du travail, les déplacements domicile-lieu de travail et la charge de travail physique.
Seraient protecteurs du stress : le contenu de la fonction, la variété, l’autonomie, la communication et les affinités personnelles envers les valeurs et la culture de l’entreprise.

Selon les RH interrogés,

  • 5,7% du personnel serait atteint ou à risque de burn-out : 10,4% dans les grandes entreprises et 5,7% dans les plus petites,
  • la responsabilité du burn-out reviendrait autant à l’employeur qu’au travailleur lui même (les responsables du secteur public étant plus enclins à attribuer la responsabilité du burn-out à l’employeur),
  • les facteurs en cause seraient la charge de travail pour 77% des répondants et les technologies de la communication qui facilitent la disponibilité permanente des collaborateurs 46%) mais aussi le fait que le terme de burn-out soit un peu galvaudé.

Les organisations attentives aux risques psychosociaux mettent principalement l’accent sur une analyse des risques et sur la réintégration au travail après une absence de longue durée. Il peut s’y ajouter un diagnostic des RPS et une sensibilisation des travailleurs aux mécanismes d’apparition du burn-out et aux mesures individuelles possibles.
Pour 67% des RH des grandes organisations, c’est l’adéquation de la fonction aux compétences et à l’intérêt du travailleur qui est la meilleure prévention du burn-out.

(publié le 16 juillet 2015)