Choc traumatique
A quoi servent les cellules psychologiques ?

C. Bert Sciences Humaines, 2009, n°204, p.24-29

Le terme « post-traumatic stress syndrome » (PTSD) est créé suite à la guerre du Vietnam pour désigner l’ensemble des troubles psychiques dont souffrent de nombreux anciens combattants. En 1980, il fait son apparition dans le manuel de psychiatrie américain, le DSM-III. Il apparaît que les victimes ne sont pas toutes traumatisées. Il existe des facteurs de risques : avoir déjà vécu des évènements traumatisants, être une femme, avoir des antécédents personnels ou familiaux de troubles psychiques. Il existe a contrario des facteurs de protection : sont moins à risque de névrose ceux qui s’impliquent activement et croient en leur pouvoir de contrôler les évènements. Les événements soudains et inattendus et peu durables (catastrophes naturelles, accidents) sont moins traumatisants que ceux de longue durée, infligés par les hommes (sévices, tortures..) ou le fait d’être blessé ou de voir mourir des gens autour de soi. Le stress qui en résulte peut être qualifié de stress adapté. Il se manifeste par anxiété, pleurs, colique… signes qui disparaissent d’eux mêmes alors que le stress dépassé se caractérise par une attitude irrationnelle : stupeur qui fige la personne sur place, ou agitation totalement désordonnée et inefficace, ou fuite panique, ou actes automatiques. Tous les symptômes caractérisant ce stress dépassé nécessitent une prise en charge. Après l’évènement, le facteur crucial est le soutien social mais pas n’importe lequel : « les victimes ont besoin, selon la nature du choc, selon le délai écoulé, selon leur personnalité, soit d’un soutien affectif, assorti d’une bonne information, soit d’une aide matérielle, soit d’une assistance à la réinsertion dans leur milieu familial, amical, professionnel ». En 1995 ont été créées les cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP) avec pour objectif de prendre en charge les victimes d’un choc psychique immédiatement après tout évènement catastrophique collectif et de repérer celles qui paraissent les plus choquées. Le débat perdure sur l’utilité d’offrir une aide dans les jours qui suivent à l’ensemble des victimes ; il semble que c’est à chacun de décider, et de consulter si le besoin s’en fait sentir. Il reste la possibilité d’un débriefing de groupe dans les 24 à 72h suivant les faits et réalisé en une seule séance. « Il a pour but de permettre aux victimes de gérer leur stress grâce à une reconstitution de l’événement et surtout, grâce au partage de leurs émotions ». Si cette pratique est généralement appréciée des victimes, les résultats ne sont pas toujours probants. Une fois l’état de stress constitué, les thérapies proposées regroupent « la thérapie comportementale centrée sur le trauma dont l’élément central est l’exposition en image ou en réalité virtuelle à la scène traumatique » ou l’Eye movement desensitization and reprocessing (EMDR) : le patient doit se concentrer sur une image traumatisante de son expérience et en même temps suivre du regard le doigt que le thérapeute déplace rapidement devant lui. Au bout de peu de temps, le souvenir sans disparaître perd de son pouvoir traumatisant. Ces deux techniques souffrent d’un taux de rechute de 30 à 40% autour d’un an. Il existe aussi les psychothérapies analytiques plus utilisées dans les pays latins.

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(publié le 23 septembre 2009)