Crise suicidaire : que faire ?

G. Abgrall-Barbry, S. Pasquier de Franclieu, N. Dantchev La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2012, vol.26, pp.120-122. Bibliographie
Le suicide est la première cause de mortalité chez les hommes de 25 à 34 ans et son taux augmente avec l’âge.
Les moyens utilisés sont la pendaison pour les hommes et la prise de médicaments pour les femmes.
La crise suicidaire survient lorsque le sujet est dans une telle situation de souffrance qu’il ne voit pas d’autre issue que le passage à l’acte.
Son dépistage est indispensable quand on sait que 80% des patients décédés par suicide ont consulté un médecin dans le mois précédent et 36% dans la semaine précédente.
Il convient de prendre en compte le contexte, les idées suicidaires et leur fréquence, l’intentionnalité, le sentiment de désespoir et l’existence de plans suicidaires construits, mais aussi les signes de vulnérabilité psychique et une modification comportementale récente.
Une fois la crise repérée, il faut en déterminer la dangerosité relativement à 6 points : le niveau de souffrance, le degré d’intentionnalité, les éléments d’impulsivité, un facteur précipitant, les moyens létaux à disposition et la qualité du soutien de l’entourage proche.
Une urgence élevée se caractérise par le fait que le patient considère le suicide comme unique solution à la souffrance et a mis au point un scénario suicidaire. La qualité du lien thérapeutique avec le patient est dès lors essentielle.
Le patient sera adressé dans des structures d’urgences psychiatriques en ambulance ou par les pompiers, éventuellement par l’intermédiaire de la police si une hospitalisation sous contrainte est nécessaire.
De façon générale et quel que soit le niveau d’urgence, le traitement sera pharmacologique. Les dépressifs recevront un traitement anti-dépresseur.
(publié le 7 mai 2012)