Dépression et arrêts de travail.
Une enquête en médecine générale

C. Spadone, F. Raffaitin La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2010, vol.24, n°845, pp.562-564. Bibliographie
Cette enquête à laquelle ont participé 208 médecins généralistes a inclus 2065 patients en activité professionnelle ayant consulté au moins une fois pour un épisode dépressif au cours des 12 derniers mois. Il apparaît que les patients dépressifs représentaient 8,1 ± 6,2% de l’ensemble de leur patientèle. Les patients dépressifs en activité professionnelle en représentaient 5,5 ± 4,4%. L’âge moyen était de 46 ± 10 ans et les femmes étaient majoritaires (62%). La dépression était considérée comme sévère, modérée et légère dans respectivement 50%, 36% et 14% des cas.
Un arrêt de travail a été prescrit au moins une fois au cours des 12 derniers mois chez 82% des patients dépressifs sévères et chez seulement 46% des patients dépressifs modérés ou légers. Chez les dépressifs sévères, le nombre moyen d’arrêts de travail sur les 12 derniers mois était près de 2 fois supérieur à celui des patients souffrant de dépression modérée ou légère.
L’analyse des résultats en fonction de l’ancienneté de la dépression montre qu’à sévérité égale, la proportion de patients ayant eu au moins un arrêt de travail au cours des 12 derniers mois était significativement plus importante quand le diagnostic de dépression datait de moins d’un an que lorsqu’il était plus ancien.
"Cette étude montre que les médecins adaptent la prescription des arrêts de travail à la sévérité de la maladie. Cela semble aller de soi mais la démonstration est importante, car elle va à l’encontre de l’idée d’une prescription, large et systématique voire abusive des arrêts de travail".
(publié le 12 octobre 2010)