Du stress à l’état de stress post-traumatique

F. Ducrocq, G. Valva La Revue du Praticien, 2010, vol.60, n°6, pp. 796-800. Bibliographie.
Le but de la réaction de stress est "de rétablir un équilibre rompu par l’excès de demandes extérieures en mobilisant un large ensemble de ressources motrices et cognitives qui permettront au sujet de mobiliser son énergie et de focaliser son attention sur le danger pour l’inciter à l’action".
La réaction de stress se manifeste par des symptômes cardiovasculaires et respiratoires (tachycardie, tachypnée, mydriase, hyperglycémie), musculocutanés (vasoconstriction, sueurs, horripilation) ou encore digestifs (nausées, modification de la motilité digestive). Parallèlement, le sujet présente des symptômes psychologiques dans différents registres : cognitif, émotionnel et affectif, volitionnel ou encore comportemental.
Dans certaines situations et/ou chez certains sujets, la réaction de stress bascule de l’adaptatif au dépassé pour prendre une des quatre formes cliniques classiquement décrites dans la psychotraumatologie, à savoir sidération, agitation, fuite panique et action automatique.
Le psychotraumatisme est engendré par un évènement bref qui a créé de l’effroi et rapporté le sujet à sa propre mort. Il se caractérise par des symptômes de répétition traumatique (associés à un état d’alerte, un sentiment d’insécurité, des sursauts, une résistance à l’endormissement, une réduction d ’intérêt, un sentiment d’insécurité, un retrait social), des conduites d’évitement, une réactivation neurovégétative (manifestations somatiques d’anxiété : pâleur, sueurs, tachycardie, lipothymie). Les troubles peuvent également survenir de manière différée. La dépression y est associée dans 20% des cas de même que des comorbidités telles que addictions, morbi-mortalité suicidaire.
La prise en charge associe de manière combinée psychothérapie (qui se base sur l’appropriation de l’expérience traumatique au travers de la verbalisation et l’expérience vécue dans une parole spontanée) et traitement médicamenteux (sertraline et paroxétine ont obtenu des indications officielles en France, mais un certain nombre d’autres médicaments sont aussi efficaces).
Dans l’urgence, il est préconisé un traitement médical dans les 12 à 24 premières heures.
Le debriefing psychologique peut débuter dès l’arrivée du patient aux urgences ou avoir lieu quelques jours après, dans le cadre de consultations programmées. Il doit être considéré comme un temps particulier au sein des soins post-immédiats, qui s’inscrit dans un processus thérapeutique à moyen et long terme.
(publié le 10 septembre 2010)