Durée du sommeil et cardiopathie ischémique et autres causes de mortalité : une cohorte prospective sur les effets des tranquillisants /hypnotiques et stress perçu
Sleep duration and ischemic heart disease and all-cause mortality : prospective cohort study on effects of tranquilizers/hyponotics and perceived stress

A.H. Garde, Å.M. Hansen, A. Holtermann, F. Gyntelberg, P. Suadicani Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2013, vol 39, n°6, pages 550-558. Bibliographie.

Le but de cette étude prospective danoise est d’examiner si la durée du sommeil est un indicateur de risque de cardiopathie ischémique (CI) et de mortalité, et si le stress perçu au travail et lors du temps libre, ainsi que l’utilisation de tranquilisants/hypnotiques modifient cette association. Une étude longitudinale sur 30 ans a été menée chez 5 249 hommes originaires de Copenhague (ayant entre 40 et 59 ans). Les facteurs de confusion portant sur le mode de vie (les habitudes tabagiques, l’alcool, l’activité physique pendant le temps libre) ainsi que des facteurs d’ordre médicaux (indice de masse corporelle, tension artérielle, diabète, la condition physique), la catégorie sociale ont été pris en compte. Les hommes ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires ont été exclus. Lors de la durée de l’étude, 587 hommes (11,9 %) sont décédés de cardiopathie ischémique (CI) et 2 663 (53,9 %) sont décédés d’autres causes. Il y avait 276 petits dormeurs (< 6 h), 3 837 dormeurs moyens (6-7 heures) et 828 grands dormeurs (≥ 8 h). Les petits dormeurs avaient un risque accru de CI mais pas de mortalité pour autres causes, par rapport aux dormeurs moyens. Le stress psychologique perçu pendant le travail et le temps libre n’étaient pas associés de façon significative avec la durée du sommeil et la mortalité par CI. Par contre, chez ceux utilisant des tranquillisants/hypnotiques (régulièrement ou occasionnellement), les petits dormeurs avaient 2 à 3 fois plus de risque de mortalité par CI comparés aux dormeurs moyens. Chez ceux n’utilisant jamais de tranquillisants/hypnotiques, aucune association n’a été observée entre la durée du sommeil et la mortalité par cardiopathie ischémique.

En conclusion, une durée courte de sommeil est un facteur de risque de mortalité par CI chez les hommes d’âge moyen ou plus âgés, particulièrement chez ceux utilisant des tranquillisants/hypnotiques plus ou moins régulièrement.

(publié le 30 janvier 2014)