Effets à long terme des facteurs biomécaniques et psychosociaux professionnels sur les douleurs importantes de l’épaule dans la cohorte Gazel

V.Nguyen, D. Teysseyre, E. Herquelot, D. Cyr, E. Imbernon, M. Goldberg, A. Descatha Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2013, vol.74, n°5, pp. 499-508. Bibliographie
A partir de la cohorte ARPEGE (affections rhumatologiques périarticulaires et gestes professionnels), sous-échantillon de la cohorte Gazel (composée de 20 625 volontaires agents d’ EDF-GDF, âgés de 35 à 50 ans lors du lancement en 1989), a été réalisé un travail avec l’objectif d’étudier l’association entre certains facteurs psychosociaux évalués lors d’une précédente étude en 1994-95 et les scapulalgies importantes en 2006, alors que la plupart des sujets sont à la retraite, en prenant en compte les facteurs biomécaniques. Cette étude avait retenu la variable "bras tendu en avant à hauteur des épaules "comme significativement associée aux scapulalgies importantes. Les expositions psychosociales avaient été évaluées à partir des réponses au questionnaire de Karasek en 1995 (qui prend en compte les dimensions de demande psychologique et de latitude décisionnelle).
La population de l’étude correspond à tous les agents de l’étude ARPEGE ayant répondu à l’autoquestionnaire de Gazel en 1994-95, soit 1 786 hommes et 1 392 femmes.
Parmi les répondants en 1994-1995, 304 hommes et 260 femmes n’ont pas répondu au questionnaire (groupe "non répondants"). Les autres sujets ayant répondu en 2006 appartiennent au groupe "répondants". Il n’existait pas de différence entre ces deux groupes, sur la variable étudiée : la douleur importante d’épaule en 1994-95.
L’association entre ces facteurs( biomécaniques et psychosociaux) et l’incidence de scapulalgies importantes entre 1994-95 et 2006 ou leur persistance a été étudiée en fonction de la présence du facteur biomécanique, du facteur psychosocial ou des deux, prenant également en compte le passage à la retraite avant 2001.
Cette étude ne met pas en évidence d’association sur le long terme entre facteur psychosocial et scapulalgies importantes, contrairement à l’exposition biomécanique professionnelle au travail. Mais en raison des limites de l’étude, des travaux complémentaires prenant en compte des mesures répétées des facteurs psychosociaux, seraient nécessaires pour confirmer ces résultats.
(publié le 10 décembre 2013)