Ergonomie participative pour réduire l’exposition aux facteurs de risque psychosociaux et physiques de lombalgie et de douleurs du cou : résultats d’une enquête sur un groupe apparié et tiré au sort

Participatory ergonomics to reduce exposure to psychosocial and physical risk factors for low back pain and neck pain : results of a cluster randomised controlled trial M. Driessen, K. Proper, J. Anema, D. Knol, P. Bongers, A. Van Der Beek Occupational and Environmental Medicine, 2011, vol 68, n°9, pages 674-681. Bibliographie.

Cette enquête hollandaise a étudié l’efficacité du programme d’ergonomie participative Stay@work (maintien dans l’emploi) pour réduire l’exposition des travailleurs aux facteurs de risque psychosociaux et physiques. Trente sept services (n = 3 047 travailleurs) de quatre entreprises hollandaises ont participé à cette enquête sur un groupe apparié et tiré au sort ; 19 (n = 1 472 travailleurs) ont été tirés au sort pour un groupe avec intervention (ergonomie participative) et 18 (n = 1 575 travailleurs) pour un groupe de référence (sans ergonomie participative). Pendant une réunion de 6 heures animée par un ergonome, les groupes de travail ont conçu des mesures ergonomiques pour réduire la charge de travail psychosociale et physique et les ont ensuite mises en œuvre au cours des 3 mois suivants dans leurs services. Des données sur les facteurs de risque psychosociaux et physiques de lombalgie et de douleurs du cou ont été recueillies au départ et au bout de 6 mois. Les facteurs de risque psychosociaux ont été mesurés au moyen du Questionnaire sur le Contenu du Travail et les facteurs de risque physique à l’aide du Questionnaire Musculo-squelettique Hollandais. Les effets de l’intervention ont été étudiés en recourant à des analyses à niveaux multiples. Les travailleurs du groupe avec intervention avaient une augmentation significative de leur latitude décisionnelle (0,29 points ; IC 95 % de 0,07 à 0,52) et de leur autorité de décision (0,16 points ; IC 95 % de 0,04 à 0,28) par rapport aux travailleurs du groupe de référence. Cependant, l’exposition aux postures difficiles du tronc pendant le travail avait augmenté significativement dans le groupe avec intervention (OR = 1,86 ; IC 95 % de 1,15 à 3,01) par rapport au groupe de référence. Aucune différence significative entre le groupe avec intervention et le groupe de référence n’a été trouvée pour les facteurs de risques restants. Au bout de 6 mois, les perdus de vue pour le suivi étaient de 35 % dans le groupe avec intervention et de 29 % dans le groupe de référence.

En conclusion, l’ergonomie participative n’était pas efficace pour réduire l’exposition aux facteurs de risque psychosociaux et physiques de lombalgie et de douleur du cou dans un groupe important de travailleurs.

(publié le 8 février 2012)