Etat de stress post-traumatique

V. Boss, F. Warembourg, F. Ducrocq La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2012, vol.26, n°892, pp. 858-859. Bibliographie
Un événement traumatique qui induit une confrontation avec la mort en tant que victime ou témoin peut induire un état de stress post-traumatique (ESPT). Il en est ainsi en cas de guerre, de torture, de prises d’otages, de cataclysmes naturels, d’agressions violentes à personne ou d’accidents de la voie publique.
Cet ESPT est marqué par une triade : phénomène d’intrusion, d’évitement et d’hyperactivité neurovégétative dont les reviviscences sont pathognomoniques.
Les conséquences humaines sont très invalidantes (arrêt de travail, repli social, conflit avec les proches, séparations) et les comorbidités fréquentes : dans 50% des cas : dépression, suivie de troubles anxieux, trouble panique, phobie sociale, ou addictions aux médicaments prescrits, voire suicide (7 fois plus de décès dans les 3 ans suivant l’événement).
La prise en charge doit être rapide afin de réduire le risque de passage à la chronicité.
Dans les suites immédiates de l’événement, il est conseillé de faire appel à un thérapeute familier du traumatisme pour une "intervention psychothérapeutique post-immédiate", dans l’objectif de maîtriser l’hyperéveil neurovégétatif. Il faut privilégier la prescription de l’hydroxyzine ou du propanolol plutôt que des benzodiazépines (très controversées) et pour des durées courtes (8 à 10 jours).
Une fois constitué l’ESPT, il faut combiner psychothérapie (thérapie cognitive et comportementale) et pharmacothérapie à l’aide des ISRS (inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine) pendant 1 an. Seuls deux antidépresseurs ont l’AMM en France dans cette indication : la sertraline et la paroxétine.
"Sans faire de psychothérapie spécialisée, le médecin généraliste doit adopter une attitude empathique et sans jugement, redonner un certain contrôle à la victime et mettre en évidence ses ressources pour diminuer le sentiment d’impuissance et de vulnérabilité, laisser du temps et ne pas forcer la parole et éviter de répéter des évocations simples du trauma au fil des consultations ........qui pourraient aggraver la symptomatologie du patient".
(publié le 6 mai 2013)