Hypertension artérielle et travail

R. de Gaudemaris, T. Lang La Revue du Praticien, Médecine générale, 2011, vol. 25, n°860, pp.340-341.
Les nouvelles organisations du travail imposées dans les 10 dernières années par la mondialisation et la gestion financière à court terme des entreprises ont dégradé les conditions de travail conduisant au concept de souffrance au travail. Ces contraintes sont à la fois psychologiques et organisationnelles.
Différentes études épidémiologiques ont montré l’influence du stress sur la mortalité cardiovasculaire ainsi que sur l’HTA. En effet, une étude cas-témoins regroupant plus de 20 000 sujets initialement normotendus a montré après ajustement sur tous les facteurs de risques connus d’HTA que le fait de devenir hypertendu à deux ans était associé de façon significative au fait d’avoir une forte demande et une faible latitude de décision au travail chez les hommes et de façon plus nette chez les femmes. Il est difficile de savoir si ces conditions peuvent prédire une élévation tensionnelle permanente à long terme.
Devant un patient devenu hypertendu ou difficile à contrôler, une collaboration avec le médecin du travail est importante afin que ce dernier puisse attirer l’attention des décideurs sur les conditions de travail.
Outre le respect de règles hygiénodiététiques, le traitement de l’HTA repose sur un suivi régulier et une prise médicamenteuse quotidienne, ce qui peut s’avérer difficile dans certains cas.
Peuvent se poser des problèmes d’aptitude sachant que la pression artérielle est plus élevée durant le travail (qu’il soit de jour ou de nuit) notamment lors d’activités de travail potentiellement délétères. Une épreuve d’effort sous traitement peut être utile pour s’assurer du contrôle tensionnel à l’effort pour les postes de travail à forte charge physique.
De même, il faut se méfier des effets indésirables de certains antihypertenseurs lors d’affectations à certains postes de travail, dits de sécurité (risque de malaises par hypotension ou troubles de la vigilance).
Pour l’obtention ou le maintien du permis de conduire, il convient de se référer à la dernière législation en vigueur fixant la liste des affections médicales incompatibles.
(publié le 29 juillet 2011)