L’intensification du travail atteint ses limites

J. Pélisse Entreprise et Carrières, 2013, n°1150, pp.28-29
La réduction du temps de travail implique très souvent une certaine intensification du travail. Pour les cadres notamment, il a souvent été institué des jours RTT sans que ne soit pensée ni prévue une réduction de la charge de travail.
Les obligations de résultats auxquelles sont soumis les salariés ne sont pas équilibrées par des obligations de moyens de la part de l’employeur.
La référence horaire a disparu pour de nombreux cadres. Le respect des délais est devenu une variable clé pour évaluer la performance du personnel. Les délais sont serrés sans que la question de la charge de travail et du burn-out des salariés ne soit prise en compte ou posée comme une dimension à traiter.
De 1985 à 2000, a été observée une très nette intensification du travail qui n’augmente plus mais qui reste tout de même à un niveau très élevé. "La montée du stress, des risques psychosociaux ou du harcèlement au travail pendant la dernière décennie montre que l’on a atteint un seuil".
Les différences s’accroissent entre les ouvriers qui connaissent parfois le chômage partiel et les cadres qui "surtravaillent ", faisant fi des limitations horaires.
L’usage des TIC augmente encore l’intensité du travail et induit un débordement dans la sphère privée compensé parfois par de l’autonomie et un certain bonheur.
(publié le 30 septembre 2013)