Les changements sociétaux sont-ils promoteurs de bien-être au travail ?

P. Mariaux Prevent Focus, 2015, janvier, pp.17-19
La notion de travail recouvre une ambivalence entre les points perçus comme positifs (source de revenus, lien social) et ceux perçus comme négatifs (aliénation, risques pour la santé...).
Les changements sociétaux jouent un rôle dans le lien que nous entretenons avec le travail. Depuis 50 ans, on note une augmentation de la population active et du nombre d’indépendants, un accroissement du travail des femmes et une hausse impressionnante des sans-emplois.
Les risques physiques sont loin d’avoir disparu : les tâches et mouvements répétitifs, les postures douloureuses sont en augmentation, en corrélation avec la précarisation des contrats.
La population au travail vieillit mais va devoir travailler plus longtemps ; les incapacités de travail vont croissant et en 2016 en Belgique, les coûts d’invalidité vont dépasser les coûts du chômage. Les causes principales de l’invalidité étant les troubles psychiques et les troubles musculosquelettiques.
Le travail s’intensifie et s’accélère. Les relations de travail s’altèrent, favorisant les situations où l’on perd le sens du travail et où règnent des conflits de valeur ; les troubles psychosociaux seraient avant tout le signe d’une perte de sens du travail : obligation de faire des tâches prescrites en conflit avec l’engagement du travailleur.
Pour y remédier, il serait vain de vouloir réduire les exigences. Mais pourquoi ne pas clarifier les rôles de chacun, optimiser la répartition des tâches entre opérateurs, améliorer la prévisibilité des exigences, mieux former le management de proximité, limiter le recours aux NTIC (nouvelles techniques d’information et de communication) en dehors des heures de travail, apporter de nouvelles ressources aux opérateurs en préservant le sens du travail ?
(publié le 27 avril 2015)