Les facteurs psychosociaux au travail
Une évaluation par le questionnaire de Karasek dans l’enquête SUMER 2003

N.GUIGNON, I.NIEDHAMMER, N. SANDRET Documents pour le médecin du travail, 2008, n°115, pages 389-398. Bibliographie

Le modèle de Karasek est un outil très fréquemment utilisé pour appréhender les facteurs de risques psychosociaux. Il repose sur un questionnaire de 26 questions qui évalue trois dimensions de l’environnement psychosocial au travail : la demande psychologique, la latitude décisionnelle et le soutien social. Un score est calculé pour ces trois dimensions. Un graphique est établi selon deux axes : demande psychologique en ordonnée et latitude décisionnelle en abscisse. Ce graphique est partagé par les axes correspondants à la valeur médiane de chaque score. A droite et en bas de ce graphique, on trouve les personnes ayant à la fois une demande psychologique relativement élevée et une latitude décisionnelle relativement faible. C’est la situation de tension au travail ou « job strain ». Les femmes sont plus exposées que les hommes au « job strain » (28% versus moins de 20%). Les employés administratifs, (31%), les employés de commerce et de services (29%) sont plus touchés que les autres catégories professionnelles. Par contre, l’exposition au « job strain » ne dépend guère du statut d’emploi du salarié, qu’il soit en CDI, en CDD ou intérimaire. Par secteurs d’activité, ce sont les métiers de l’hôtellerie restauration, des transports et des activités financières qui sont davantage exposés à cette « tension au travail ». Les contraintes physiques et les tensions avec le public renforcent les risques de « job strain ». Globalement, les salariés « tendus » sont peu nombreux à être satisfaits de leur travail, mais ne sont pas les seuls à se dire « stressés ».

C’est la demande psychologique qui semble principalement associée à ce sentiment de stress, qu’il faut distinguer du « job strain ». Les salariés « tendus » sont plus inquiets des risques de sanction en cas d’erreur et se disent en moins bonne santé que les autres. Un soutien social insuffisant renforce l’appréciation négative des salariés sur leur santé. Il apparaît bien que : « avoir des marges de manœuvre, utiliser et développer ses compétences par et dans le travail, sont des facteurs essentiels d’équilibre psychique ».

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(publié le 21 janvier 2009)