Maladie coronarienne : une association forte avec la dépression et le stress professionnel

H. Douard, J. Corré La Revue du Praticien, 2015, vol.65, n°3, pp 357-362. Bibliographie
Si l’on a pensé des années que les personnalités de type A (associant sentiment d’urgence du temps, sens de la compétition et polarisation sur le travail) ou de type D (associant émotions négatives et inhibition sociale) avaient une valeur prédictive vis-à-vis du risque et du pronostic coronarien, les études récentes n’ont pas confirmé ce lien.
Par contre, un niveau de preuve élevé concerne le stress professionnel et la dépression, cette dernière étant également un marqueur indépendant de mauvais pronostic après un premier évènement coronarien.
Même en dehors d’un épisode dépressif majeur, une symptomatologie dépressive mesurée par auto-questionnaire reste le facteur psychologique le plus prédictif d’événements coronariens dans de larges cohortes prospectives. Mais plusieurs essais randomisés contrôlés n’ont pas montré d’efficacité du traitement de la dépression sur le pronostic de la maladie coronarienne.
On en vient alors à penser que la dépression serait la conséquence (et non la cause) d’une atteinte vasculaire cérébrale témoignant d’une atteinte plus globale. En fait, les mécanismes qui sous-tendent la surmortalité cardiovasculaire des patients déprimés restent peu connus.
Les principales pistes explorées concernent la diminution de la balance sympathique/parasympathique, la diminution de sensibilité des récepteurs aux glucocorticoïdes, l’élévation des cytokines pro-inflammatoires, mais aussi des anomalies de l’hémostase ; mais aucune hypothèse n’a reçu de confirmation. Enfin il semblerait que la présence de troubles mentaux sévères soit associée à une prise en charge non optimale de la maladie coronarienne.
(publié le 18 juin 2015)