Mesures quantitatives de la charge mentale : avancées, limites et usages pour la prévention des risques professionnels

L. Cuvelier Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2012, vol.73, n°2, pp. 120-126. Bibliographie.

La charge mentale de travail devient une préoccupation de tous les acteurs de l’entreprise et des différentes disciplines qui font du travail et des travailleurs leur objet d’étude.
Cette notion de charge mentale n’a pas de statut précis mais présente un fort intérêt à la fois social et économique. Les professionnels du travail humain sont fréquemment sollicités pour évaluer cette charge mentale et son caractère acceptable pour l’opérateur. A cet effet, deux types de méthodes sont utilisées :

  • celles basées sur des indices objectifs qui regroupent les méthodes d’analyses de la performance et les mesures d’indicateurs physiologiques,
  • celles basées sur des indices subjectifs, qui prennent en compte le point de vue de l’opérateur sur sa propre charge de travail.

L’on se rend bien compte des efforts engagés pour disposer de méthodes d’évaluation quantitative de la charge mentale. Mais nous n’atteignons pas les résultats escomptés dans la mesure où les échelles de cotation sont développées et testées dans des contextes expérimentaux très contrôlés qui peuvent paraître très éloignés de la situation réelle de travail.
La charge ne peut être résumée dans une mesure unique. L’évaluation est donc forcément comparative, et "ce qui devient intéressant, ce n’est plus l’évaluation de la charge comme concept méthodologique, mais plutôt de développer ce qui la fait varier". Ainsi, sur le terrain, se développent plutôt des analyses qualitatives des facteurs de charge. Les méthodes actuelles "s’attachent non seulement à comprendre l’origine du sentiment de charge mais aussi à comprendre comment ce sentiment contribue à la régulation des modes opératoires".

(publié le 24 août 2012)