Perception des risques professionnels et psychosociaux au sein de l’ensemble hospitalier militaire parisien

J-F. Ferrand, J. Trichereau, C. Verret, J-P. Rondier, P. Viance, R. Migliani Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2013, vol.74, n°1, pp. 17-33. Bibliographie.
Une enquête par auto-questionnaire a été menée auprès des 3 173 personnels de l’ensemble hospitalier militaire parisien (EHMP) en février et mars 2010 afin de décrire les risques professionnels ressentis par le personnel en analysant principalement les facteurs psychosociaux identifiés par les situations de job-strain (travail tendu) et d’iso-strain (travail tendu en situation d’isolement social).
Le taux de participation à l’enquête a été de 54%.
Les personnels se déclaraient à 82,6% satisfaits de leur travail, mais 42% jugeaient aussi que l’influence de ce travail sur leur santé était négative.
Plus de la moitié des répondants (55%) déclaraient être exposés à des agents chimiques, dont 26% en permanence ou souvent. Ils étaient 46% à déclarer être exposés à des rayonnements ionisants dont 19% en permanence ou souvent.
En matière de conditions de travail, 70% des répondants travaillaient le week-end, 53% la nuit et 45% effectuaient des dépassements d’horaire.
Relativement à l’ergonomie du poste, le taux de satisfaction le plus faible était obtenu pour l’item "absence d’agression physique ou verbale".
7,8% avaient eu un accident de travail dans les douze mois précédant l’enquête dont 3,5% avec arrêt.
49,7% se déclaraient anxieux.
24,2 % se sentaient déprimés.
69% jugeaient leur état de santé "bon" ou"très bon" et 31% le jugeaient, moyen ou dégradé.
26% des personnels se situaient en situation de job-strain et appartenaient en majorité aux services chirurgicaux ou aux services d’anesthésie-réanimation ou aux urgences en lien avec le fait de devoir travailler très vite, celui de devoir souvent interrompre des tâches non achevées et celui de devoir effectuer des tâches répétitives.
22% des personnels se considéraient en situation d’iso-strain avec une plus grande fréquence chez les infirmiers spécialisés et les administratifs.
Le sentiment d’anxiété était spécifiquement lié au job-strain alors que le ressenti d’un état de santé dégradé l’était avec l’iso-strain.
Cette enquête, la première de cette ampleur au sein de l’EHPM devra inciter à des aménagements dans le domaine ergonomique et psychosocial et se poursuivre par d’autres enquêtes permettant d’évaluer l’impact des mesures d’amélioration mises en place.
(publié le 17 juillet 2013)