Premières pistes de prévention du burn-out

L. Poillot Entreprise et Carrières, 2014, n°1207, pp. 6-8

Selon une étude de Technologia, 3,2 millions de personnes seraient exposées à un risque élevé de burn-out et le le réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) recensait entre 2001 et 2009, 10 574 signalements pour troubles mentaux ou du comportement liés au travail, tandis que 440 cas avérés étaient reconnus dans cette même période.
La reconnaissance en maladie professionnelle est difficile, les salariés devant justifier d’un taux d’incapacité permanente égale ou supérieur à 25% et un lien "direct et essentiel" avec l’activité professionnelle doit être mis en évidence par le médecin-conseil de la Sécurité sociale, au sein d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
La sénatrice de Corrèze propose de confier aux médecins du travail le soin de diagnostiquer le burn-out et de ne plus demander au salarié d’apporter seul, la preuve que son état de santé a une cause professionnelle, les personnes dans cet état n’étant pas en capacité de le faire.
La Belgique a déjà promulgué une loi sur ce sujet (avril 2014), qui oblige à prévenir tous les risques psychosociaux (RPS), y compris les dommages psychiques liés au stress post-traumatique et au burn-out.

L’expérience de l’Unité de soins palliatifs de l’hôpital de Toulouse est rapportée. Ici, la procédure de prévention pour le personnel combine le test de Maslach (Maslach Burnout Inventory), à effectuer chaque année (test d’inventaire devenu une référence internationale, qui en 22 items mesure l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et l’accomplissement personnel), mais aussi des groupes de soutien animés par un psychologue, un "soutien de couloir" (gestes que se témoignent mutuellement les salariés quand ils se croisent), des réunions d’équipe où le burn-out est abordé et enfin une heure de "nursing touch" (massages dérivés de la médecine chinoise, destinés à soulager la douleur et le stress et à apporter une détente profonde) aux salariés volontaires, une fois par semaine.

(publié le 19 janvier 2015)