Prévention du stress. Les grandes manœuvres

G. Le Nagard Entreprise et Carrières, 2008, N°920, pages 22-25

En quelques mois, la prise en compte du « stress au travail » a fait un véritable bond en avant avec notamment la transposition de l’accord européen sur la prévention du stress, la volonté gouvernementale de mettre en œuvre un indicateur national de stress pour, à terme, obliger à négocier dans les branches les plus touchées. Il est vrai que des suicides de salariés se sont produits dans certaines entreprises et que le coût de la non prévention des risques psychosociaux est estimé (outre le coût humain) à 3% à 4% du PIB dans les pays industrialisés. « Les arrêts maladie ayant une cause psychologique arrivent au deuxième rang des interruptions de travail » après les TMS et ils représentaient un quart des arrêts de 2 à 4 mois en 2004 ». Les entreprises sont de plus en plus réceptives à l’information sur ces problèmes. L’auteur cite l’exemple d’un document INRS publié sur Internet en décembre 2007 concernant les indicateurs susceptibles d’être utilisés pour évaluer et prévenir les risques psychosociaux qui a été téléchargé 225 000 fois entre janvier et mai 2008.

Pourtant, « les entreprises hésitent encore à ouvrir le dossier du stress, avec le risque de devoir mener des changements organisationnels ». La prévention du stress doit passer par « une action collective associant les directions, les représentants des salariés (CHSCT notamment) et les médecins du travail » pour être efficace. « Autre domaine de plus en plus fréquemment déployé : la formation des cadres qu’on s’efforce de sensibiliser à la souffrance de leurs collaborateurs ». Il semble néanmoins que les limites soient vite atteintes si on ne s’attaque pas au stress organisationnel.

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(publié le 6 janvier 2009)