Qualité de la vie professionnelle chez des médecins s’occupant de patients atteints de cancer

Quality of work life in doctors working with cancer patients I. Bragard, G. Dupuis, D. Razavi, C. Reynaert, A.M. Etienne Occupational Medicine 2012, vol 62, n°1, pages 34-40. Bibliographie.

Bien que plusieurs études aient montré que les internes en médecine étaient confrontés à des conditions organisationnelles médiocres et ressentaient une mauvaise santé psychologique, leur qualité de vie n’avait pas été mesurée. Un nouvel outil, l’Inventaire Systématique de la Qualité de Vie au Travail (ISQVT), propose de combler cette lacune dans la définition et l’évaluation de ce concept.

Les objectifs de cette enquête belgo-québécoise était de confirmer la validité convergente de l’ISQVT, d’analyser la qualité de vie professionnelle d’internes belges en médecine avec l’ISQVT et de discuter une méthodologie d’intervention basée sur l’analyse de l’ISQVT. Cent treize internes en médecine ont participé entre 2002 et 2006. Ils ont complété le ISQVT, l’inventaire du burn-out de Maslach et l’Enquête sur le stress au travail pour confirmer la correspondance entre les trois outils.

La faible qualité de vie professionnelle des internes était prédite par des niveaux élevés d’épuisement émotionnel (β = 0,282 ; p< 0,01) et de stress professionnel ( β = 0,370 ; p < 0,001), ce qui confirme la validité convergente. Cet échantillon d’internes en médecine avait une valeur moyenne de qualité de vie professionnelle [μ = 5,8 ; déviation standard (DS) = 3,1]. Toutefois, leur qualité de vie professionnelle était très faible pour trois sous-échelles : arrangement du planning de travail (μ = 9 ; DS = 6,3), soutien offert à l’interne (μ = 7,6 ; DS = 6,1), et relation professionnelle avec leurs supérieurs ( μ = 6,9 ; DS = 5,3).

En conclusion, les résultats confirment que l’ISQVT peut fournir une indication de la santé et du bien-être des travailleurs et de la performance organisationnelle dans différents domaines de la vie au travail. Les facteurs posant problème trouvés chez les interne belges en médecine suggèrent que la prévention devrait porter sur la réduction des heures travaillées, le développement du soutien et le changement dans le style de gestion des responsables hiérarchiques.

(publié le 12 juillet 2012)