Qualité de vie au travail
Stratégie à bâtir avec les salariés

Entreprise et Carrières, 2013, n°1126, pp. 20-27,

Pour prévenir les risques psychosociaux (RPS), de plus en plus d’entreprises orientent leur démarche vers la qualité de vie au travail (QVT).
Six composantes des RPS se détachent :

  • qualité des relations sociales,
  • qualité du contenu du travail,
  • qualité de l’environnement physique,
  • qualité de l’organisation du travail,
  • développement professionnel et
  • conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée.

Ici et là, des groupes de travail pluridisciplinaires se mettent en place ; le Crest (Centre de recherche en économie et statistique) recommande de suivre six types de facteurs de RPS au travail :

  • l’intensité et le temps de travail,
  • les exigences émotionnelles,
  • le manque d’autonomie,
  • la mauvaise qualité des rapports sociaux,
  • la souffrance éthique et
  • l’insécurité de la situation de travail.

S’il est bon de s’intéresser aux indicateurs produits par une enquête ou un baromètre social, rien ne remplace le dialogue avec les salariés. Il est bon de se doter au delà des indicateurs habituels (absentéisme, turnover, ...), d’indicateurs spécifiques construits localement en lien avec l’activité de travail. Ainsi, EDF a construit à partir des résultats des enquêtes annuelles de climat social, un outil destiné à aider les managers à repérer dans le équipes les points de fragilité et à prioriser les axes de travail.
Le CEA a choisi de mesurer le stress au travail par un questionnaire anonyme, ce qui a permis de détecter les métiers et les populations les plus fragiles et de mettre en place une vigilance adaptée. Une cellule "risques psychosociaux" a été créée, composée de trois référents (un représentant de la direction, un de la fonction sécurité et le médecin du travail).
A la SNCF, les managers de proximité constituent la pierre angulaire de la politique QVT.
Ces démarches prennent nécessairement du temps et suscitent beaucoup d’attentes auprès des salariés. Il convient donc de communiquer régulièrement sur les réflexions, le diagnostic et les actions mises en œuvre. _ Toutes ces actions donnent le sentiment que le déni recule un peu face aux RPS ; mais il faut poursuivre les actions de formation et de sensibilisation des managers et des référents.

(publié le 11 mars 2013)