Rachats et fusions d’entreprises et le risque de perturbations mentales : une étude en population générale

Business mergers and acquisitions and the risk of mental disorders : a population-based study J. L. Wang, S. Patten, S. Currie, J. Sareen, N. Schmitz Occupational and Environmental Medicine, 2012, vol 69, n°8, pages 569-573. Bibliographie.

Les rachats et fusions d’entreprises sont en augmentation et peuvent avoir des effets défavorables sur la santé mentale des travailleurs. Leurs impacts sur le développement de troubles psychiatriques n’ont jamais vraiment été évalués. Les objectifs de cette étude canadienne étaient l’estimation et la comparaison de la survenue des troubles anxieux et dépressifs (incidence sur 12 mois) chez des salariés n’ayant pas vécu dans les 12 mois précédents des rachats ou fusions de leur entreprise, versus ceux qui en avaient vécu.

Des employés âgés de 25 à 64 ans, ont été sélectionnés de façon randomisés, dans une communauté (Région de l’Alberta), et ont été suivis pendant 1 an (n = 3 280). Des questions portant sur l’existence d’une fusion ou d’un rachat de leur entreprise dans les 12 mois précédant l’enquête ont été posées. Un questionnaire, issu du CIDI Auto 30, a été utilisé pour évaluer les troubles anxieux et dépressifs.

La prévalence sur 12 mois et l’incidence sur 1 an des troubles mentaux ont été estimées et comparées entre les 2 populations (exposés et non exposés). Les exposés avaient une incidence sur 1 an significativement plus élevée de troubles anxieux (6,7 %) que la population non exposée (2,4 %), mais pas de différence de l’incidence concernant les troubles dépressifs. Les exposés avaient 2,8 fois plus de risque d’avoir des troubles anxieux que les autres.

En conclusion, les rachats et fusions d’entreprises augmentent les risques d’avoir des troubles anxieux, qui peuvent évoluer par la suite en dépression sévère. Gouvernements, employés et professionnels de santé doivent en être conscients.

(publié le 22 novembre 2012)