Recherche des conditions et moyens de l’amélioration de la prévention des risques psycho-sociaux en entreprise

M. Frimat Hygiène et sécurité du travail, 2012, n°229, pp.30-35. Bibliographie

L’auteur propose une explication des risques psycho-sociaux (RPS) au terme d’ une synthèse réalisée à partir d’un audit concernant différents acteurs du système (représentants syndicaux, cadres d’entreprises, médecins du travail, ergonomes, universitaires acteurs de la prévention, consultants, ...) et d’ouvrages s’intéressant à ce sujet.
Les importantes transformations de notre société ont conduit à une diminution de nos lieux de construction identitaire comme la famille, la religion, la ruralité. Il en résulte que les individus ont de plus grandes attentes vis-à-vis de leur travail, ce qui peut être très dévastateur dans certaines circonstances.

Les causes des RPS sont multifactorielles :

  • vécu et ressenti du travail, rapport au travail
  • qualité de l’organisation du travail
  • qualité des relations entre individus au travail
  • qualité du dialogue social
  • qualité de la production du travail
  • absence de prise en compte du travail réel
  • individualisation dans la société en général et dans le travail en particulier
  • baisse de notre seuil de tolérance envers la souffrance au travail
  • qualité de la santé physique et mentale des individus
  • qualité des relations humaines en dehors du travail, etc..

Les RPS trouveraient donc leur origine dans la manière de penser le travail que l’auteur nomme "paradigme fonctionnel" : hérité de l’ère industrielle, ce mode de pensée "fonctionnaliste"est "basé sur la science et l’objectivation au détriment de la recherche de sens et de transcendance". Il est toujours en place et on constate ce phénomène dans la parcellisation du travail et dans l’organisation trop rationnelle et trop mécanique qui laisse peu de place à l’humain. Les RPS constituent alors un symptôme de la résistance du sujet au travail.
L’homme n’est pas qu’une machine physique (conception taylorienne du travail), il est aussi un homme biologique (a été proposée l’adaptation des conditions de travail à l’homme). Mais il est aussi un homme psychologique, frustré par des tâches parcellaires (on a alors inventé l’enrichissement des tâches).
Il faudrait "reconnaître l’individu dans son altérité et son intelligence, l’associer à la réflexion sur le travail et penser l’entreprise, non pas comme un objet, mais comme une structure complexe qu’un ensemble de sujets fait vivre".

(publié le 11 mars 2013)