Recherche sur le burnout au sein de la population active belge

Prevent Focus, novembre 2011, pp.4-9
Il a été procédé au recensement en Belgique, des cas de burnout, mais aussi des patients qui présentent selon le jugement du médecin, un mal-être au travail susceptible d’évoluer vers cet état.
Le recueil a été effectué d’une part par les médecins généralistes et d’autre part par les médecins du travail lors de leurs contacts avec les salariés, dans la période allant de avril à août 2010. L’échantillon a atteint 135 131 patients.
La prévalence est de 0,8%, (sans aucune différence entre les médecins francophones ou les médecins néerlandophones), ce qui représente 19 000 travailleurs. Ce chiffre peut paraître faible, mais il concerne des personnes qui ont déjà un ressenti assez important pour consulter un médecin.
Une étude macro-économique réalisée en 2000 en France estimait que 1 à 4% de la population active en France était touchée par une pathologie liée au stress. Ces chiffes ne peuvent être comparés à ceux obtenus dans de nombreuses études basées sur une auto-évaluation par le travailleur, où le taux de burnout atteint 30 à 40%.
Les motifs de consultation étaient le stress ou l’épuisement.
Les symptômes consistaient en troubles du sommeil (60%), en diminution d’énergie (53%), en plaintes neurovégétatives et fonctionnelles (52%), en diminution de la motivation (48%), en asthénie (45,7%) ou en frustration (44,4%).
Dans quasiment 30% des cas, les symptômes existaient depuis plus de 12 mois (ce qui confirme la vision du burnout comme un processus qui se développe lentement et qui peut perdurer dans le temps).
"Dans 95% des cas, les symptômes rapportés sont mis en lien avec le travail par le patient lui-même (87% des cas) ou par le médecin consulté (8% des cas). Cette perception du burnout restreint au domaine professionnel est utile pour différencier le burnout de la dépression qui s’étend plus largement dans la vie privée, mais aussi de différencier le burnout de la fibromyalgie et de la fatigue chronique dont l’origine ne se trouve pas forcément dans le travail".
Les contraintes rapportées en lien avec le travail sont la charge de travail (58% des cas), la pression temporelle (41%), les changements organisationnels (38%), les conflits au travail (37%) et les difficultés au niveau de la conciliation vie privée et vie professionnelle (30%).
Les ressources identifiées comme manquant le plus aux salariés sont le soutien de la hiérarchie (63,2%), la reconnaissance du travail accompli (47%), le soutien des collègues (29%), la possibilité d’épanouissement au travail (23%), une bonne définition des tâches (19,6%).
D’autres études sont nécessaires pour approfondir la connaissance dans ce domaine et permettre des actions de sensibilisation, de prévention et de prise en charge adéquate.
(publié le 2 février 2012)