Repérage de la crise suicidaire et prévention

E. Phan Chan Thé Préventique Sécurité, 2008, N°101, pages 84-88. Bibliographie disponible sur demande à edition@preventique.org

« Le taux de suicide en France reste un des plus élevés parmi les pays de développement comparable et constitue un problème majeur de santé publique » (21 pour 100 000 en 2002). La dépression est la première cause de suicide et 7% des personnes touchées par la dépression meurent par suicide. De 30 à 60% des suicidés sont des récidivistes. Au stade de la crise suicidaire, « l’entourage peut repérer des signes de souffrance psychique, de petits signes d’incohérence, un changement de la relation avec l’entourage, l’abandon d’activités, une consommation abusive et cumulée de médicaments ou de substances psychoactives, des prises de risques inconsidérées, un retrait par rapport aux marques d’affection et au contact physique, un isolement ». A un stade ultérieur, l’entourage peut repérer des signes plus inquiétants tels que « le désespoir, une souffrance psychique intense, une réduction du sens des valeurs, le cynisme, un goût pour le morbide, la recherche soudaine d’armes à feu ». Ces signes n’ont rien de spécifique mais « c’est leur regroupement, leur association ou leur survenue comme une rupture par rapport au comportement habituel qui doivent alerter l’entourage...... La première attitude est d’établir un lien et une relation de confiance en adoptant une attitude de bienveillance, d’écoute, de dialogue, et d’alliance qui favorisera le recours aux réseaux d’aide et aux soins ». La difficulté est que dans le monde du travail, la dissimulation des plans suicidaires et des ruminations est habituelle. Les facteurs de protection de la crise suicidaire sont le support social, la prise en charge thérapeutique et une bonne hygiène de vie. Dans le cadre de la santé au travail, la prévention passe par une nouvelle organisation du travail et le développement de stratégies collectives comme la vigilance ou l’attention aux collègues, avec la mise en place de lieux de parole et d’écoute. La prévention secondaire passe par la formation et/ou l’analyse des pratiques professionnelles. Enfin le niveau tertiaire concerne la gestion de la crise avec l’accompagnement individuel et collectif des salariés et du personnel d’encadrement.

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(publié le 28 janvier 2009)