Reprise du travail après une tentative de suicide

E. Phan Chan The Préventique Sécurité, 2009, n°108, p.5862
A partir d’un cas clinique concret qu’il a eu à traiter, l’auteur propose une fiche-conseil sur le thème des suicides au travail.
Le cas dont il est question est celui d’une femme handicapée, stressée, souffrant d’une dépression sévère avec névrose, addiction occasionnelle et récurrente (à l’alcool et aux médicaments psychotropes), prise en charge par une équipe pluridisciplinaire à la suite d’une tentative de suicide par ingestion médicamenteuse sur son lieu de travail.
La démarche de prévention du suicide doit d’emblée repérer la crise suicidaire et donc évaluer le potentiel suicidaire en cotant le risque (utilisation de la Sad Persons Scale), le degré d’urgence (faible, moyen ou élevé) et la dangerosité du scénario (létalité du moyen envisagé, accès facile et/ou immédiat à ce moyen).
La prise en charge de la crise suicidaire sera de nature pluridisciplinaire et suppose une approche collective. Bien que cette dernière soit essentielle, elle doit être complétée par une démarche centrée sur l’individu.
La prévention primaire est à mieux valoriser pour diminuer la mortalité prématurée et évitable. Elle impose de réduire les sources de stress dans l’entreprise, de tenir compte des indicateurs de facteurs de risques (FDR) au travail, d’agir sur les FDR organisationnels. Elle s’appuie sur une consultation médico-professionnelle de médecine du travail et le CHSCT.
La postvention (c’est à dire les mesures à prendre à la suite d’un suicide) nécessite d’identifier et d’intervenir en priorité sur certains "sous-groupes à risque ".
(publié le 17 mars 2010)