Santé mentale et activité professionnelle : comparaison de deux programmes de surveillance, MCP et Samotrace

C. Cohidon, G. Rabet, J. Plaine, C. Chubilleau, M. Valenty Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2012, n° 22-23, pp. 278-280. Bibliographie
Cet article compare les résultats issus de deux programmes MCP (Maladies à caractère professionnel ) et Samotrace, développés par l’Institut de veille sanitaire et portant sur des données recueillies dans les régions Centre, Poitou-Charentes et Pays de la Loire et s’appuyant sur les médecins du travail dans le domaine de la santé mentale au travail.
Dans le programme MCP, la souffrance mentale en lien avec le travail est diagnostiquée par le médecin du travail (expertise clinique et connaissance du poste).
Dans le programme Samotrace, la souffrance mentale est explorée à l’aide d’un auto-questionnaire détaillé (General Health Questionnaire à 28 questions) et les expositions psychosociales au travail explorées par le questionnaire de Karasek, tous deux remplis par le salarié en salle d’attente. Ensuite, un questionnaire est administré par le médecin.
Les prévalences de la souffrance mentale imputable au travail dans les deux programmes varient entre 1 à 5%.
La comparaison des deux programmes de surveillance "montre des résultats qui se rejoignent partiellement chez les hommes avec une souffrance mentale liée au travail plus fréquente parmi les professions intermédiaires et les employés. Chez les femmes, les tendances observées dans les deux programmes sont en opposition".
Les résultats sont donc difficiles à interpréter tant ils résultent d’une intrication de différents facteurs sociologiques, liés au sexe, à l’âge et à la catégorie sociale, tels que le rapport au travail, la relation avec le médecin du travail, l’expression de symptômes psychiques, etc.. Ils démontrent " la nécessité de poursuivre les études dans ce domaine et l’intérêt de disposer de plusieurs sources de données ".
(publié le 18 octobre 2012)