Suicide en lien avec le travail : quelles sont les données disponibles ?

C. Cohidon, B. Geoffroy-Perez, A. Fouquet, C. Le Naour, M. Goldberg, E. Imbernon Le Concours Médical, 2011, n°10, pp.818-819. Bibliographie
Il existe peu de données épidémiologiques permettant de documenter le lien entre les conditions de travail et les actes suicidaires.
Les études disponibles qui sont souvent entachées de sérieuses limites ne sont pas toujours convergentes et s’accordent sur un excès de risque chez les agriculteurs, les secteurs de la santé et de manière plus ponctuelle dans les secteurs de la police ou de l’armée, de l’éducation ou du tertiaire.
Les données françaises montrent les mêmes tendances, à savoir un risque majoré pour les agriculteurs exploitants, un risque intermédiaire pour les artisans, les commerçants et les chefs d’entreprise et un risque plus faible pour les cadres.
Si l’on considère le domaine d’activité, le secteur de la santé et de l’action sociale présente le taux de mortalité par suicide le plus élevé, suivi par les secteurs de l’administration publique, de la construction et de l’immobilier.
" Si les liens entre les conditions de travail et le suicide ne sont pas clairement établis dans la littérature épidémiologique actuelle, ceux relatifs à la survenue de symptômes dépressifs sont bien mieux décrits. Or, on sait que 50 à 70% des suicidants souffrent de pathologie dépressive".
Afin de mieux comprendre le phénomène du suicide en lien avec le travail, dans une optique préventive, il est essentiel de multiplier les approches non seulement quantitatives (épidémiologie), mais aussi qualitatives.
(publié le 12 avril 2012)