Surprésentéisme au travail : "quand on ne se permet plus de s’arrêter"

D. Monneuse Protection Individuelle et Collective, PIC, 2014, n°84, pp.44-46
Le surprésentéisme se définit par le fait de travailler alors que l’état de santé aurait nécessité un arrêt maladie.
Si cela semble avoir toujours existé, on n’en parlait pas. Les dirigeants n’y croient pas ou considèrent que cela ne concerne que les cadres supérieurs.
Cette attitude concernerait 55% de la population active, soit 10 jours par an et par personne, ce qui est juste un peu moins que l’absentéisme.
Toutes les catégories professionnelles sont représentées tout autant les dirigeants que les précaires, les passionnés, les indépendants, les contraints, les solidaires ou les salariés atteints d’une pathologie lourde qui veulent maintenir un lien social.
Les raisons sont multiples notamment le collectif de travail, la culture d’entreprise mais aussi et surtout le facteur individuel (dont certaines pathologies mentales).
Si les entreprises imaginent que la situation leur est favorable, elles se trompent car ce phénomène induit une baisse de la qualité du travail, des risques d’accident du travail mais aussi un risque d’aggravation de la maladie avec un arrêt de travail qui sera plus long.
(publié le 18 février 2014)