Syndrome de burnout : un "vrai" facteur de risque cardiovasculaire

P. Cursoux, M-P. Lehucher-Michel, H. Marchetti, G. Chaumet, S. Delliaux La Presse Médicale, 2012, vol.41, n°11, pp.1056-1063. Bibliographie

Le syndrome de burnout (SBO) se définit comme un "syndrome d’épuisement émotionnel, de dépersonnalisation et de réduction de l’accomplissement personnel qui apparaît chez les individus impliqués professionnellement auprès d’autrui".
Cet épuisement professionnel dispose d’un instrument de mesure : le Maslach Burnout Inventory (MBI) qui explore les trois sous-dimensions citées précédemment. Il comprend 22 items assortis chacun d’une cotation ; il n’y a pas de score global.
On peut utiliser aussi la Burnout Measure (BM) composée de 21 items aboutissant à un score global qui permet d’évaluer principalement la composante "épuisement émotionnel".
Pour certains, le SBO n’est qu’une forme sub-syndromique d’un syndrome dépressif. Pour d’autres, le syndrome dépressif est une complication de l’épuisement professionnel. Quoi qu’il en soit, le processus pathogène du SBO trouve probablement son origine dans un sentiment d’angoisse mal intégré par le sujet. Comme pour la dépression, le SBO peut faire le lit d’un véritable trouble anxieux.

Différentes études confirment l’existence d’un lien entre la charge psychique que subit un individu en particulier au travail et sa fonction cardiovasculaire. Le burnout entraîne une augmentation de l’activité sympathique durant les tâches mentales et s’accompagne d’un retour anormal à une fonction cardiovasculaire basale après un stress, en particulier par diminution du rebond vagal. De surcroît, les tâches mentales imposées entraînent une activation soutenue de l’axe hypothalamo-hypophyso-cortico-surrénalien, mesurée par la concentration du cortisol salivaire matinal. Ainsi le stress au travail serait un facteur de risque cardiovasculaire en activant la composante sympathique du système nerveux autonome, en diminuant le rebond vagal post-stress et en augmentant la sécrétion de noradrénaline ainsi que la pression artérielle.
A contrario, l’entraînement à la gestion des émotions augmenterait le tonus vagal et serait "cardioprotecteur"..
La prévention repose sur une organisation et des conditions de travail adéquates, une surveillance médicale (mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque) et des stratégies de gestion des émotions.

(publié le 28 décembre 2012)