Travail posté et épuisement professionnel chez les professionnels de santé
Shift work and burnout among health care workers

A. Wisetborisut, C. Angkurawaranon, W. Jiraporncharoen, R. Uaphanthasath, P. Wiwatanadate Occupational Medicine 2014, vol 64, n°4, pages 279-286. Bibliographie.

L’épuisement professionnel est un syndrome pouvant être lié à l’exposition prolongée à des facteurs de stress au travail ; il est souvent présent chez les professionnels de santé. Le travail posté est considéré comme l’un des facteurs de risque professionnel du syndrome d’épuisement professionnel dans cette population.

Cette étude thaïlandaise permet d’identifier et de décrire l’association entre travail posté et épuisement professionnel par le biais d’une étude transversale chez des professionnels de santé à l’hôpital universitaire de Chiang Mai en Thaïlande. Des données ont été recueillies au moyen d’un auto-questionnaire en ligne, incluant les caractéristiques du travail posté et de l’épuisement professionnel qui, lui, a été mesuré par le biais du Maslach Burnout Inventory (MBI).

Deux mille sept cent soixante douze professionnels de santé ont participé, soit un taux de réponse de 52 %. L’épuisement professionnel a été trouvé plus fréquemment chez les travailleurs postés que chez ceux qui ne l’étaient pas (odds ratio ajusté [ORa] à 1,4 ; IC 95 % de 1,0 à 1,9).
Parmi les travailleurs postés, avoir plus de 10 ans d’ancienneté, était associé avec l’augmentation de risque d’épuisement professionnel (ORa 1,7 ; IC 95% 1,2 à 2,6) et avoir une durée de sommeil par jour de 6 à 8 heures était associé à un risque moindre d’épuisement professionnel (ORa 0,7 ; IC 95 % 0,5 à 0,9). Les infirmières qui avaient au moins huit jours de repos par mois avaient moins de risque d’avoir un syndrome d’épuisement professionnel comparées à celles ayant moins de huit jours (ORa 0,6 ; IC 95% 0,5 à 0,8).

Le travail posté a été associé à l’épuisement professionnel dans cet échantillon, ainsi qu’un grand nombre d’années en travail posté. Un nombre d’heures de sommeil et des jours de repos tous les deux adéquats ont été retrouvés comme étant des facteurs protecteurs possibles.

Les politiques devraient prendre en compte le potentiel du travail posté sur les risques d’épuisement professionnel.

(publié le 25 septembre 2014)