Un salarié sur six estime être l’objet de comportements hostiles dans le cadre de son travail

J. BUE, N. SANDRET Documents pour le médecin du travail, 2008, n°115, pages 379-387. Bibliographie

« Un salarié sur quatre estime avoir subi au moins une fois dans le passé un comportement hostile dans le cadre de son travail, et 17% déclarent en subir dans leur emploi actuel » ; c’est ce qui ressort de l’analyse de l’autoquestionnaire sur les « situations difficiles au travail » qui a été rempli par 25 000 salariés dans le cadre de l’enquête Sumer 2003.

Différents comportements hostiles sont ressentis par les salariés : comportements méprisants (6,5% des salariés), déni de reconnaissance du travail (9% des salariés) ou atteintes à caractère dégradant touchant à la dignité (2% des salariés). Les femmes déclarent plus souvent être exposés à des comportements méprisants, et les hommes sont plus nombreux à évoquer un déni de reconnaissance du travail. Les professions peu qualifiées sont les plus exposées. Les employés administratifs, les ouvriers non qualifiés et les employés de service déclarent un peu plus souvent subir des comportements hostiles en particulier des « atteintes dégradantes ». Aux âges intermédiaires (de 30 à 50 ans) et dans les petits établissements (moins de dix salariés), les salariés déclarent moins de comportements hostiles. Quand l’organisation du travail est tendue, les comportements hostiles sont plus fréquents et ils le sont d’autant plus que le soutien social est faible, que la demande psychologique est élevée et que la latitude décisionnelle est étroite. Les comportements hostiles sont associés à des troubles de santé perçus (plus d’arrêts de travail, besoin de médicaments ou accroissement de la consommation d’alcool ou de tabac) mais « les corrélations observées ne permettent pas cependant d’affirmer par elles-mêmes, que l’exposition perçue aux comportements hostiles conduit à une dégradation de l’état de santé ».

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(publié le 21 janvier 2009)